11/03/2026 francais.rt.com  3min #307404

Aides publiques sur le carburant : « Nous n'avons plus d'argent », oppose le gouverneur de la Banque de France

© Artur Widak/NurPhoto Source: Gettyimages.ru

Un homme fait le plein d'essence dans une station-service à Bayeux, en Normandie, le 27 mai 2024. [Photo d'illustration]

Alors que des voix s'élèvent en France, appelant le gouvernement à prendre des mesures d'aides face la montée des prix des carburant, François Villeroy de Galhau a mis en garde contre les conséquences d'un tel écueil, estimant qu'il valait mieux "investir dans la transition énergétique" plutôt que de "dépenser toujours plus dans des protections".

"Ce que je note simplement - et François Langley le disait à l'instant, je vais le dire de façon encore plus simple - nous n'avons plus d'argent, nous Français", a déclaré ce 11 mars sur le plateau de RTL le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, interrogé sur la possibilité d'un recours par Paris à des "aides pour aider les automobilistes" face à la hausse des prix à la pompe.

"Si nous creusions encore les déficits et la dette, cela va pénaliser les Français eux-mêmes", a-t-il averti, pointant le risque d'une montée des taux d'intérêt à long terme. "C'est mauvais non seulement pour l'État, mais pour les Français sur leurs crédits immobiliers ou pour les entreprises sur leurs crédits d'investissement", a poursuivi le haut fonctionnaire le mieux rémunéré de France.

Il a appelée à "rester calme" et à ne "pas céder à la précipitation". Il a néanmoins concédé que la crise au Moyen-Orient, déclenchée fin février par l'attaque des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, devrait aboutir à "un peu plus d'inflation et un peu moins de croissance" en France.

Une baisse de la TVA jugée "inconcevable" par l'exécutif

"La vraie réponse, dans la durée", a estimé Villeroy de Galhau, après avoir mis en garde contre le recours systématique à des subventions, "c'est de conquérir notre indépendance énergétique". "À chaque choc pétrolier, on va subir le même effet négatif", a-t-il averti, avant d'ajouter : "Pour le dire autrement, il vaut mieux investir dans la transition plutôt que de dépenser toujours plus dans des protections."

Pour l'heure, et au-delà du fait que des stations-service ne jouent pas le jeu, la hausse des prix des carburants en France demeurerait limitée à en croire certains observateurs. D'après le site Auto Plus, entre le 1er et le 3 mars, le prix du sans-plomb 95 est passé de 1,772 euro à 1,813 euro le litre, soit une  hausse de 5%.

Néanmoins, face au risque d'un enlisement du conflit et d'une flambée des prix du baril, les partis d'opposition ont appelé le gouvernement français à prendre des mesures financières, telles qu'un "blocage des prix" ou une baisse du taux de TVA sur les carburants. Une piste "inconcevable", a estimé la ministre déléguée chargée de l'Énergie, Maud Bregeon, avançant que si elle était mise en œuvre elle coûterait "plus de 17 milliards d'euros" aux caisses de l'État.

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