
Source: Sputnik
Le président russe Vladimir Poutine
La Russie pourrait suspendre ses livraisons de gaz à l'Europe avant même l'entrée en vigueur des prochaines sanctions de l'UE, a déclaré Vladimir Poutine. Selon lui, l'escalade au Moyen-Orient a fait augmenter la demande pour du gaz provenant de fournisseurs fiables, comme la Russie, ce qui rend plus intéressant de se tourner vers d'autres marchés.
Le président russe Vladimir Poutine a commenté la hausse rapide des prix du gaz sur les marchés européens. Dans une interview accordée au journaliste Pavel Zaroubine de la chaîne VGTRK, il a déclaré que cette hausse n'était pas directement liée à la situation géopolitique en Iran, car les principaux fournisseurs de gaz en Europe, à savoir les États-Unis, la Norvège, l'Algérie et la Russie, n'ont pas réduit leurs volumes d'approvisionnement.
Néanmoins, selon lui, la hausse des prix du gaz pour les consommateurs européens est due à des tensions économiques, car le conflit militaire au Proche-Orient a fait apparaître des acheteurs prêts à payer plus cher. Selon lui, si des "acheteurs premium" apparaissent, les fournisseurs traditionnels, tels que les entreprises américaines, iront naturellement "là où l'on paie le plus". "Il n'y a ici aucune motivation politique, seulement des intérêts commerciaux", a ajouté Vladimir Poutine.
La flambée des prix du gaz en Europe est le résultat d'une politique erronée des dirigeants européens, estime Poutine
Le président russe a souligné que la situation actuelle sur les marchés européens est "le résultat de la politique énergétique erronée des autorités européennes". "Il s'agit de l'abus de l'agenda vert, d'une utilisation de tous ces instruments à des fins de politique intérieure et pour atteindre les objectifs de partis ou de groupes, une politique qui n'a absolument rien à voir avec les intérêts des populations de ces pays. Effectivement, les prix du pétrole et du gaz ont augmenté", a-t-il déclaré.
"Concernant le pétrole, cette hausse est compréhensible. Elle est due, entre autres, aux restrictions imposées au pétrole russe. À cela s'ajoute la situation au Moyen-Orient avec l'agression contre l'Iran, tous ces facteurs s'additionnent et aboutissent à cette situation extrêmement difficile pour les consommateurs", a ajouté le chef de l'État russe.
La Russie reste déterminée à respecter pleinement ses engagements envers tous ses partenaires
La Russie a toujours été et reste un fournisseur fiable d'énergie pour tous ses partenaires, y compris les pays de l'UE, a réaffirmé Vladimir Poutine. Selon lui, la Russie continuera à travailler dans ce cadre avec les partenaires qui sont eux-mêmes fiables. Le chef de l'État russe a notamment cité des pays tels que la Hongrie et la Slovaquie.
Moscou pourrait envisager de se retirer du marché européen de son propre chef avant l'entrée en vigueur des sanctions
Compte tenu de la situation actuelle sur le marché mondial du gaz, la Russie pourrait se retirer du marché européen avant l'application des nouvelles restrictions de l'UE sur les hydrocarbures russes, a indiqué le président russe. D'après lui, étant donné que d'autres marchés s'ouvrent actuellement, il pourrait être plus avantageux pour la Russie de se retirer et de s'implanter sur ces marchés plutôt que de continuer à approvisionner l'Europe.
Toutefois, Vladimir Poutine a précisé qu'il ne s'agissait pas d'une décision concrète, mais plutôt d'une "pensée à voix haute". "Je vais demander au gouvernement d'étudier cette question avec nos entreprises", a-t-il ajouté.
Les déclarations du président russe ont été faites après sa rencontre avec le ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjártó, venu à Moscou pour une visite officielle. Le chef de la diplomatie hongroise a indiqué qu'il s'était rendu en Russie pour obtenir des garanties sur les livraisons d'énergie à la Hongrie. Au cours de la rencontre, Vladimir Poutine a également annoncé qu'il libérerait deux citoyens hongrois qui avaient participé aux combats aux côtés de l'Ukraine et avaient été faits prisonniers par l'armée russe.