
"1er juillet. Je reçois la visite d'un père blanc de Maison-Carrée, qui vient s'enquérir du sort de son chauffeur, arrêté pour aide à la rébellion. Il a vécu vingt ans au Sahara, dans la région de Beni-Abbès, seul Européen au milieu des musulmans. Il me félicite de la manière dont je rends la justice, puis me déclare :
"Oui, les musulmans respectent la force, surtout lorsqu'elle est injuste". Je reste interloqué.
Cette affirmation est en contradiction formelle avec tout ce que je crois savoir de l'âme musulmane".
Or, la tenue du père, son maintien excluent toute plaisanterie. Son assurance tranquille, les exemples qu'il me site sur les réactions de ces hommes, qu'il connaît mieux que personne, jettent le trouble dans mon esprit. Depuis, je suis arrivé à la conviction qu'il avait raison, et que mon hypothèse expliquerait mieux que toute autre, le comportement des musulmans.
Ils respectent viscéralement l'autorité, la force. Or la force à l'état pur est la force injuste.
S'ils feignent de s'insurger contre l'injustice, c'est que, connaissant notre éthique occidentale, ils espèrent en obtenir réparation".
Antoine ARGOUD, "La décadence, l'imposture et la tragédie (à propos de l'Algérie)", Fayard 1974, p. 156.
On reste bouleversé devant de tels propos d'un homme qui cherche à comprendre ceux qu'il est chargé de pacifier ou de vaincre. Propos qu'il m'a semblé indispensable de partager tant ils me semblent importants dans les jours que nous vivons.
Sont-ils vrais, sont-ils sincères, sont-ils exacts ? Qu'en pensent les musulmans eux-mêmes ?
Musulmans, qui ne sont pas - que - les Arabes, mais tous les fidèles de cette religion qui signifierait soumission ? Le musulman est-il bien l'esclave de Dieu ?
Loin de moi la prétention de faire une analyse quelconque de cette religion. Ce n'est ni mon but, ni dans mes compétences. Je souhaite simplement observer pour comprendre et partager.
Comment une masse de fidèles si importante, sur des territoires qu'ils occupent depuis la naissance de cette religion, et depuis toujours avant cette religion, se comporte ainsi devant une communauté appelée l'Entité par certains d'entre vous ? C'est pourquoi j'ai souhaité partager cette réflexion.
Ma dernière observation date de ce jour même où je découvre que le si noble et fier peuple perse (qui leur va tellement mieux que celui d'iranien, à mon sens) négocie en position de subalterne face à ceux qui leur dénient le droit de vivre ? Une civilisation multimillénaire, phare de l'humanité, face à une communauté qui a constitué un État-voyou de moins de deux cents ans ? Et chez qui, les Perses, on sent le désir fébrile de satisfaire.
La faiblesse face à la force, les rôles sont posés d'avance.
"Celui qui n'est pas intérieurement préparé à la violence, est toujours plus faible que celui qui l'exerce"nous prévient le Russe Soljenistine. Que voilà une juste remarque à défaut d'un sage conseil. Le musulman est-il non violent ?
L'histoire des bientôt quatre-vingts ans de la Palestine est jonchée d'exemples plus malheureux les uns que les autres. Plus la force est violente et injuste, plus ils se soumettent. Pour quelle réparation en obtenir, feignent-ils de s'insurger ? Jusqu'à la solution finale qui semble si proche ?
Plus d'un million d'expatriés, à quelques kilomètres de leurs maisons dévastées, et combien de disparus attendent sagement un droit au retour. La liberté ne se réclame pas, elle s'arrache !
Et l'Oumma, où est-elle, que fait-elle ? Silence de mort ? Soumission bienvenue et légitime pour plaire à Allah ? Cette question n'est pas des compétences d'un chrétien !
Et les monarchies richissimes partenaires de l'État-voyou depuis tant de temps, que font-elles ?
L'Afghanistan, le Liban, l'Irak, la Libye, la Syrie, le Soudan, le Yémen, que doivent-ils à la solidarité musulmane ? Et maintenant, que va devenir cette région dévastée aux millions de morts ?
La paix ne peut venir de l'agresseur et ne viendra pas. Un homme violent ne se maintient que par la violence qui le nourrit et le fait vivre. La paix ne se négocie pas, elle s'impose. Dans la force et la justice.
La force du nombre et de la justice. Une cause juste finit toujours par vaincre si l'on s'en donne les moyens. Et si la cause et juste, tous les musulmans doivent s'y joindre pour faire valoir leurs droits.
Des communautés fanatiques et génocidaires n'ont pas leur place en Palestine. Un foyer juif est juste et légitime s'il reste un foyer, comme il était prévu à l'origine de ce projet. Projet qui s'est fait sans consultation ni consentement des populations indigènes. Impérialisme pur et dur que le musulman a respecté !
Donc un foyer intégré dans le pays qui accepte de les accueillir, en mémoire de leurs lointains ancêtres. Sous une autorité unique, la Palestine, dans la paix et la concorde. Comme celle que les juifs ont connu depuis des siècles, en Afrique du Nord, dans tout le Moyen-Orient, de Téhéran à Bagdad, à Damas ou ailleurs. Communautés qui n'étaient pas celle des tueurs sanguinaires d'aujourd'hui.
Là est le cœur du problème.
À l'Oumma de se réveiller et d'agir. De briser sa crainte respectueuse d'un Occident qui sert un bien mauvais maître "Vous êtes les enfants du diable" comme nous le rappelle notre saint Jean l'Évangéliste, lui aussi, juif parmi les juifs.
Là où il y a une volonté, il y a un passage, nous apprennent nos alpinistes vainqueurs du courage et de la force. Même un des vôtres, Nadire Dendoune, un gars du 93, a réussi l'histoire délirante d'" Un tocard sur le toit du monde". Il a refusé de se soumette !
Rappelez-vous aussi, qu'il y a pire que de faire le mal, c'est d'empêcher le mal que l'on peut empêcher de faire.
Il vous faudra alors redessiner les cartes du Levant occidentale, absorber les micro dictatures du Golfe, poison anglais pour semer le désordre. Imaginer peut-être une grande Syrie rêvée par Nasser, face à une Turquie belliqueuse et revancharde. Prendre en main son destin, chasser les ennemis.
Lisez ce message, ami lecteur, comme un message de paix, non un message de guerre. Tolérer la guerre et regarder mourir en silence, n'est-ce pas pire que la guerre ?
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