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Un dortoir de l'école Saint Mary après le rapt d'élèves par les terroristes de Boko Haram.
Le gouvernement nigérian aurait versé plusieurs millions de dollars aux djihadistes de Boko Haram pour obtenir la libération de près de 230 écoliers et membres du personnel enlevés en novembre 2025 à l'école catholique Saint Mary de Papiri. Largement médiatisée, cette transaction, illégale au regard de la loi, est démentie par les autorités.
La libération de quelque 230 écoliers et membres du personnel d'une école catholique enlevés par les djihadistes en novembre dernier au Nigeria a fait le buzz sur le net. Selon des sources proches de l'affaire, Abuja aurait conclu un accord avec Boko Haram, impliquant une rançon considérable et la libération de deux commandants djihadistes, ce qui est interdit par la loi en vigueur.
Les détails rocambolesques de l'opération
L'enlèvement massif a eu lieu le 21 novembre 2025 dans l'État du Niger au centre ouest du pays, où près de 300 élèves et professeurs de l'internat Saint Mary ont été capturés par des hommes armés. Une cinquantaine ont réussi à s'échapper, mais les autres ont été retenus deux semaines dans un camp près de Borgu. Selon quatre sources proches des négociations, menées par le conseiller à la sécurité nationale Nuhu Ribadu, la libération aurait été obtenue contre une "énorme" rançon évaluée entre 1,5 et 7 millions de dollars, soit environ 40 millions de nairas par personne selon une estimation.
The Nigerian government paid Boko Haram militants a "huge" ransom of millions of dollars to free up to 230 children and staff the jihadists abducted from a Catholic school in November, intelligence sources told AFP.
The government of APC is insincere pic.twitter.com/pGFeYNlwI4- Mercy Agera (@MercyAgera) February 23, 2026
L'argent aurait été acheminé par hélicoptère jusqu'au bastion de l'organisation terroriste islamiste Boko Haram à Gwoza, dans l'État de Borno, et remis à Ali Ngulde, un commandant local. Ce dernier a dû se rendre au Cameroun voisin pour confirmer la réception, en raison de l'absence de réseau téléphonique dans la zone.
Pourtant, les services de sécurité nigérians ont catégoriquement nié avoir versé de l'argent, affirmant que "les agents du gouvernement ne paient pas de rançons".
Les enlèvements prolifèrent au Nigeria avec 828 cas en 2025 selon l'ACLED, surpassant le Mexique et la Colombie. Les autorités semblent impuissantes face à cette "industrie lucrative", où bandits et djihadistes collaborent pour extorquer des millions. Des cas précédents, comme la libération de 340 écoliers à Kankara en 2020 contre 30 millions de nairas, montrent que les paiements officiels, bien que niés, persistent lorsque des victimes de haut rang sont concernées.