21/02/2026 francais.rt.com  3min #305562

 Après le blocage du transit par Droujba, Budapest et Bratislava se tournent vers la Croatie pour acheminer le pétrole russe

Après la Slovaquie, la Hongrie menace de suspendre ses livraisons d'électricité à l'Ukraine après l'arrêt du transit pétrolier via l'oléoduc Droujba

Source: Gettyimages.ru

Vue générale de la raffinerie de pétrole de Douna, où le pétrole russe arrive en Hongrie via l'oléoduc Droujba.

La crise énergétique entre Kiev et ses voisins d'Europe centrale prend une nouvelle dimension. Après les avertissements slovaques, la Hongrie envisage à son tour de suspendre ses livraisons d'électricité si le transit du pétrole russe par l'oléoduc Droujba n'est pas rétabli. Budapest évoque une mesure destinée à défendre ses intérêts énergétiques.

Le bras de fer énergétique se durcit en Europe centrale. Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a averti le 21 février que son pays pourrait suspendre ses livraisons d'électricité à l'Ukraine si le transit du pétrole russe via l'oléoduc Droujba n'était pas rétabli.

Lors d'un meeting à Békéscsaba, le chef du gouvernement a déclaré que cette option était sérieusement envisagée. "Si nous faisons cela, des choses négatives peuvent se produire [...] Les Slovaques examinent cette option et, si nécessaire, nous appliquerons également cette troisième contre-mesure", a-t-il affirmé, cité par la chaîne hongroise M1.

Viktor Orbán a rappelé qu'"une part significative de l'électricité ukrainienne provient de Hongrie". Une interruption des flux pourrait donc entraîner "de grandes difficultés" pour la population locale. Budapest lie explicitement cette éventuelle décision au rétablissement du transit pétrolier vers son territoire.

Des contre-mesures déjà mises en œuvre

La Hongrie a déjà pris plusieurs décisions en réponse à l'arrêt du transit. Budapest a suspendu ses livraisons de diesel à l'Ukraine et bloqué l'octroi d'un crédit européen de 90 milliards d'euros à Kiev. Adopté lors du sommet de l'Union européenne en décembre 2025, ce mécanisme prévoit un financement important pour les besoins ukrainiens en 2026 et 2027, notamment militaires.

Le ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjártó a déclaré que l'oléoduc Droujba restait techniquement opérationnel. Selon lui, l'arrêt du transit par l'Ukraine repose sur des "raisons politiques" et non sur des contraintes techniques. Il a accusé Kiev d'exercer une pression énergétique sur la Hongrie en bloquant l'acheminement du pétrole russe essentiel à son économie.

Une position coordonnée avec la Slovaquie

La Hongrie n'est pas seule dans cette démarche. La Slovaquie a déjà soulevé la possibilité d'interrompre ses propres livraisons d'électricité. Le Premier ministre slovaque Robert Fico a averti que Bratislava pourrait suspendre l'approvisionnement d'urgence dès le 23 février si le transit pétrolier n'était pas rétabli.

Privées de pétrole via Droujba depuis le 27 janvier, la Hongrie et la Slovaquie estiment que leur sécurité énergétique est directement menacée. Les autorités ukrainiennes évoquent des dommages liés au conflit en cours. Budapest et Bratislava contestent cette version et soutiennent que l'infrastructure demeure en état de fonctionner, attribuant le blocage à une décision politique.

Dans ce contexte, Budapest laisse entendre qu'une suspension des livraisons d'électricité pourrait constituer une nouvelle étape si le transit du pétrole russe n'est pas rétabli. Pour les autorités hongroises, l'enjeu est clair : garantir la stabilité énergétique nationale face à une situation qu'elles jugent injustifiée.

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