
Par Chris Hedges, le 20 février 2026
L'équipe de négociation Laurel et Hardy composée de Steve Witkoff et Jared Kushner, associée à l'ignorance crasse de Trump en matière d'affaires internationales et à sa mégalomanie, semble déterminée à pousser les États-Unis vers une nouvelle débâcle au Moyen-Orient, une débâcle que le Congrès n'a pas approuvée et que le public ne souhaite pas.
Les exigences imposées à l'Iran par la Maison Blanche de Trump ne sont pas plus acceptables pour le régime de Téhéran que celles imposées au Hamas à Gaza dans le cadre du faux plan de paix de Trump.
Exiger de l'Iran qu'il mette fin à son programme nucléaire et renonce à ses capacités balistiques en échange de l'abandon de nouvelles sanctions revient à demander au Hamas de désarmer à Gaza. Mais comme nous avons depuis longtemps renoncé aux diplomates qui maîtrisent les langues, la politique et la culture et savent se mettre à la place de leurs adversaires, notre nouvelle caste de bouffons nous entraîne vers une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Les États-Unis et Israël croient naïvement pouvoir bombarder l'Iran pour renverser le gouvernement iranien et installer un régime fantoche. Ils n'ont toujours pas compris que cette croyance irréaliste a déjà échoué en Afghanistan, en Irak et en Libye.
La promesse de ne pas imposer de nouvelles sanctions n'incitera pas l'Iran à négocier un accord. L'Iran est déjà paralysé par de lourdes sanctions qui ont détruit son économie [plus de 6000 sanctions infligées depuis 1979].. Cela ne contribuera en rien à briser l'étau économique. L'Iran ne renoncera pas à son programme nucléaire, qui pourrait être militarisé, ni à son programme de missiles balistiques, qu'Israël a déclaré vouloir prendre pour cible dans une attaque aérienne. L'arsenal nucléaire réputé d'Israël, qui compte quelque 300 ogives, incite fortement l'Iran à conserver les moyens de se doter de son propre arsenal nucléaire. L'Iran, comme le Hamas, ne s'exposera jamais sans défense à ceux qui cherchent à l'anéantir.
Une attaque aérienne contre l'Iran n'aura rien à voir avec l'assaut de 12 jours de juin dernier contre les installations nucléaires et les infrastructures étatiques et sécuritaires iraniennes. À l'époque, l'Iran avait calé sa riposte sur les frappes symboliques contre la base aérienne d'Al Udeid au Qatar, dans l'espoir que le conflit ne s'étende pas et ne s'éternise pas. Si une attaque aérienne est lancée, l'Iran n'aura plus rien à perdre. Il saura à quel point il est illusoire d'espérer apaiser ses adversaires.
L'Iran n'est pas l'Irak. L'Iran n'est pas l'Afghanistan. L'Iran n'est pas le Liban. L'Iran n'est pas la Libye. L'Iran n'est pas la Syrie. L'Iran n'est pas le Yémen. L'Iran est le dix-septième plus grand pays du monde, avec une superficie équivalente à celle de l'Europe occidentale. Il compte près de 90 millions d'habitants, soit 10 fois plus qu'Israël, et ses ressources militaires, tout comme ses alliances avec la Chine et la Russie, en font un adversaire redoutable.
Malgré la relative faiblesse militaire de l'Iran face aux forces combinées des États-Unis et d'Israël, il peut causer beaucoup de dégâts. Et il le fera aussi vite que possible. Des centaines de soldats américains seront probablement tués. L'Iran fermera certainement le détroit d'Ormuz, le point de passage le plus important au monde pour l'approvisionnement en pétrole, qui représente 20 % de l'approvisionnement mondial. Cette mesure fera doubler ou tripler le prix du pétrole et dévastera l'économie mondiale. Il s'attaquera aux installations pétrolières ainsi qu'aux navires et bases militaires américains dans la région.
Les pertes accumulées et la flambée des prix du pétrole fourniront à Trump et à son ignoble homologue israélien le prétexte pour déclencher une guerre régionale prolongée.
Voilà le prix à payer lorsqu'on est gouverné par des imbéciles. Que Dieu nous vienne en aide.
Traduit par Spirit of Free Speech
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