21/02/2026 francais.rt.com  3min #305541

Tensions entre Paris et Rome : Macron recadre publiquement Meloni après ses propos sur la mort de Quentin Deranque

Source: Gettyimages.ru

La Première ministre italienne Giorgia Meloni et le président français Emmanuel Macron s'entretiennent lors d'une marche le 26 septembre 2023 à Rome, en Italie. (Photo d'archive).

Une déclaration de solidarité s'est transformée en affrontement. Après la mort de Quentin Deranque à Lyon, Giorgia Meloni a dénoncé un "climat de haine idéologique" en Europe. Emmanuel Macron lui a sèchement répondu, accusant la dirigeante italienne de s'immiscer dans les affaires françaises. Un épisode révélateur des tensions entre Paris et Rome.

Une nouvelle tension diplomatique a éclaté entre Paris et Rome après un échange particulièrement direct entre Emmanuel Macron et Giorgia Meloni. Le 19 février, en déplacement officiel à New Delhi, le président français a lancé : "Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés", demandant à la Première ministre italienne d'arrêter de "commenter ce qui se passe chez les autres".

Cette déclaration faisait suite aux propos de Giorgia Meloni sur la mort à Lyon du jeune militant nationaliste Quentin Deranque. "La mort d'un garçon d'à peine plus de 20 ans, attaqué par des groupes liés à l'extrémisme de gauche dans un climat de haine idéologique qui se répand dans plusieurs pays, est une blessure pour l'Europe entière", avait-elle estimé.

À l'origine de cette séquence, un fait divers tragique survenu à Lyon. Quentin Deranque, 23 ans, a été frappé par "au moins six individus" et onze suspects ont été placés en garde à vue, la plupart liés à des mouvements d'ultragauche.

La position française : dénonciation d'une "ingérence"

En poursuivant sa réaction, Emmanuel Macron a déclaré : "Je suis toujours frappé de voir que des gens qui sont nationalistes, qui ne veulent pas qu'on les embête chez eux sont toujours les premiers à commenter ce qui se passe chez les autres".

Le président français a considéré que les propos de la dirigeante italienne relevaient d'une forme d'ingérence. Il a affirmé qu'il n'y avait "pas de place pour les mouvements qui adoptent et légitiment la violence" et que "rien ne peut justifier un acte de violence, ni d'un côté ni de l'autre".

Formulée depuis l'Inde, cette prise de position a donné une dimension diplomatique immédiate à l'affaire, transformant un fait divers dramatique en sujet de confrontation politique entre deux capitales européennes.

Rome rejette toute "interférence"

Face aux critiques françaises, Rome a rapidement réagi. Le bureau de Giorgia Meloni a exprimé sa "stupéfaction" après les déclarations du président français.

La dirigeante italienne a défendu la portée de son message : "Intervenir [...] pour exprimer ma solidarité avec le peuple français sur une affaire qui concerne manifestement tout le monde ne relève pas d'une interférence". Giorgia Meloni a insisté sur le contexte plus large : "Je vois un climat que je n'aime pas, je le vois en Italie, je le vois en France, je le vois aux États-Unis". Elle a appelé les "classes dirigeantes" à réfléchir aux moyens d'éviter un retour "des décennies en arrière", évoquant les années de plomb traversées par l'Italie et rappelant que certains membres des Brigades rouges avaient trouvé refuge en France.

Dans la même ligne, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a estimé, d'après Euronews, qu'il s'agissait d'une "affaire grave qui nous concerne tous", soulignant que condamner ce type d'actes permet d'éviter un retour à un "passé sombre".

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