La présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, a annoncé le dépôt d'un recours devant le Conseil d'État pour contester le classement de son Parti à l'"extrême gauche" par le ministère de l'Intérieur.
S'exprimant lundi 16 février lors d'un débat sur la chaîne LCP et via son compte sur le réseau social X, la députée du Val-de-Marne a précisé que cette procédure vise spécifiquement la décision du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, de classifier LFI dans ce bloc politique. "Ce recours vise à contester notre classement à l'extrême gauche", a-t-elle déclaré, rappelant que lors des précédents scrutins, LFI était rattaché au bloc "gauche".
Nous avons déposé un recours au Conseil d'État concernant la décision de Laurent Nuñez de classifier de LFI à l'extrême gauche.Cette classification est une décision juridique qui ne devrait pas revenir au ministre de l'intérieur. pic.twitter.com/4Umkj8Rfnn
- Mathilde Panot (@MathildePanot) February 16, 2026
Pour justifier cette démarche, Mathilde Panot a mis en avant un "différend stratégique" avec les formations historiques de l'extrême gauche. Elle souligne que LFI a choisi de "rentrer dans les institutions" et de mener la "révolution par les urnes", contrairement à d'autres organisations.
La députée a également dénoncé ce qu'elle présente comme les arguments juridiques du ministère. Elle cite notamment les appels à la censure du gouvernement ou le fait de présenter des listes contre des mairies socialistes, qualifiant ces motifs de "risibles" et de "forts de café".
Elle a par ailleurs plaidé pour qu'une "autorité indépendante" se charge de cette classification en lieu et place du ministère de l'Intérieur.
Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l
Ce recours intervient alors que le président français Emmanuel Macron a apporté, dimanche sur les ondes de Radio J, son soutien à cette nouvelle classification administrative. Macron a estimé que "La France insoumise est à l'extrême gauche", affirmant que le Parti contrevient à des "valeurs de la République", citant notamment ses prises de position sur "l'antisémitisme".
Lors d'un point presse hebdomadaire à l'Assemblée nationale française, Mathilde Panot a vivement condamné la situation humanitaire à Gaza et les violences en Cisjordanie.
"Il n'y a pas tellement de mystère. La France insoumise est à l'extrême gauche", a déclaré Emmanuel Macron. "Quand des Français élisent des parlementaires et mettent des gens dans les institutions, on ne peut pas les exclure. Mais je constate que, dans les positions qu'ils prennent, ils contreviennent à des principes fondamentaux de la République, à des valeurs de la République", a-t-il poursuivi.
Ces accusations ont été fermement rejetées par le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, qui a souligné qu'Emmanuel Macron "faisait du Donald Trump" et a regretté ce classement, décidé récemment par le ministère de l'Intérieur avant les municipales.
