
par Aksil Ouali
Selon le président Abdelmadjid Tebboune, "ces éléments mettent en évidence l'ampleur des atrocités et des violations graves commises pour étouffer la résistance du peuple algérien".
L'Algérie se dit disposée à mettre ses documents, preuves et témoignages confirmant l'ampleur des crimes perpétrés par le colonialisme français à la disposition des instances juridiques africaines, a affirmé le président algérien, Abdelmadjid Tebboune.
"L'Algérie réaffirme son soutien plein et constant à toutes les initiatives entreprises par la Commission de l'Union africaine et ses organes juridiques compétents, visant à consacrer une approche juridique claire et explicite inscrivant le colonialisme parmi les crimes internationaux les plus graves, renforçant ainsi les principes de responsabilité, consacrant la lutte contre l'impunité et contribuant à l'établissement d'une justice historique équitable", a-t-il souligné dans un message lu en son nom par le Premier ministre Sifi Ghrieb.
Ce message a été lu à l'ouverture de la réunion de haut niveau sur la criminalisation du colonialisme qui s'est tenue en marge du 39ème sommet de l'Union africaine qui se déroule à Addis-Abeba, en Éthiopie.
"Forte de son expérience nationale douloureuse, marquée par plus de cent trente-deux années d'un colonialisme de peuplement d'une extrême brutalité, l'Algérie exprime sa pleine disponibilité à mettre à la disposition des instances juridiques africaines compétentes l'ensemble des documents, preuves matérielles et témoignages historiques fiables dont elle dispose", a-t-il assuré.
Selon lui, "ces éléments mettent en évidence l'ampleur des atrocités et des violations graves commises pour étouffer la résistance du peuple algérien, y compris le recours à une répression à grande échelle et à l'utilisation de moyens et méthodes prohibés par le droit international".
Rappelant la conférence de haut niveau organisée à Alger le 30 novembre dernier, le chef de l'État algérien a rappelé le contenu de "l'Appel d'Alger", concernant la "reconnaissance officielle des crimes coloniaux et l'engagement sérieux en faveur de l'inscription explicite de la criminalisation du colonialisme dans les règles du droit international".
Il a également mis en avant "l'étape franchie par son pays avec l'adoption, le 25 décembre 2025, par le Parlement algérien d'une loi criminalisant le colonialisme subi par l'Algérie". "Cette loi vise à établir les responsabilités juridiques, à préserver la mémoire nationale et à consacrer le principe de l'imprescriptibilité des crimes graves, en tant que pilier fondamental de toute approche sérieuse de réconciliation avec l'histoire", a-t-il précisé.
Et d'ajouter : "Elle classe également parmi les crimes imprescriptibles des pratiques telles que les exécutions extrajudiciaires, la torture, le viol, les essais nucléaires sur des civils et le pillage systématique des richesses, conformément aux principes du droit international et au droit des peuples à la vérité et à la justice".
Selon lui, les immenses sacrifices consentis par des millions d'Africains pour la liberté, la dignité et la justice "ne sauraient être relégués à l'oubli ni réduits à des récits tronqués". "La reconnaissance de la vérité historique ne constitue pas une évocation sélective du passé, mais un devoir moral et juridique, et une condition indispensable à l'édification de relations internationales équilibrées, fondées sur le respect mutuel, l'équité et la préservation de la dignité humaine", a-t-il soutenu.
Abdelmadjid Tebboune a également félicité la Commission de l'Union africaine pour le droit international pour "l'étude rigoureuse et approfondie qu'elle a réalisée sur le crimes coloniaux en Afrique".
source : Agence Anadolu