
Source: Sputnik
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d'une rencontre avec le ministre suisse des Affaires étrangères, Ignazio Cassis, et le secrétaire général de l'OSCE, Feridun Sinirlioglu, à Moscou, le 6 février 2026
Lors d'une rencontre à Moscou avec les représentants de l'OSCE, Ignazio Cassis et Feridun Sinirlioglu, Sergueï Lavrov a dénoncé une «crise profonde» au sein de l'organisation, accusant l'OTAN et l'UE de l'avoir instrumentalisée et d'«ukrainiser» son agenda, tout en évoquant l'avenir du dialogue sur la stabilité stratégique.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a rencontré le 6 février son homologue suisse Ignazio Cassis, président en exercice de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), et le secrétaire général de l'organisation, Feridun Sinirlioglu, actuellement en visite à Moscou.
Au cours des discussions, le chef de la diplomatie russe a souligné que la Russie appréciait l'intérêt de la Suisse pour le maintien des contacts diplomatiques avec Moscou.
Il a estimé, en revanche, que l'OSCE traverse une « crise profonde » et se trouve au bord de « l'autodestruction ». « La raison en est très simple : les pays européens se sont radicalement détachés des principes fondamentaux consacrés par l'Acte final d'Helsinki et les déclarations adoptées les années suivantes lors des sommets de l'OSCE », a-t-il ajouté.
vk.comIgnazio Cassis a, quant à lui, déclaré qu'il souhaitait discuter avec Sergueï Lavrov de la participation éventuelle de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe au contrôle du futur cessez-le-feu en Ukraine.
Les pays de l'OTAN ont pour objectif de mettre l'OSCE au service de leurs intérêts, affirme Lavrov
À l'issue de la rencontre, Sergueï Lavrov a donné une conférence de presse, soulignant que les parties n'avaient pas éludé les questions complexes découlant de la situation géopolitique actuelle. Il a affirmé que les causes de la crise de l'OSCE résidaient dans les actions des États membres de l'OTAN et de l'UE qui, bien avant le début de l'opération militaire spéciale, avaient décidé de mettre l'organisation au service de leurs intérêts, puis, après son lancement, au service de la guerre hybride contre la Russie.
vk.comLe chef de la diplomatie russe a indiqué que l'ensemble de l'ordre du jour de l'OSCE avait été « ukrainisé », y compris dans des domaines qui auraient dû être consacrés à la coopération mutuellement avantageuse et à la recherche de projets concrets dans les domaines des transports, des communications, de la logistique et des investissements. Selon lui, au détriment d'autres domaines essentiels, l'organisation aborde des thèmes qui ne relèvent pas de la compétence de l'OSCE.
L'Occident s'efforce de maintenir le régime « pourvu qu'il continue de mordre » la Russie
Lavrov a abordé la question des garanties de sécurité, l'un des éléments clés du règlement ukrainien. Il a notamment attiré l'attention sur divers rapports publiés par les médias occidentaux, et notamment sur le discours du secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, à la Verkhovna Rada (le Parlement ukrainien).
« Il [Rutte] a déclaré que les garanties de sécurité prévoyaient des actions automatiques de la "coalition des volontaires", effectuées indépendamment à un certain stade et à un autre stade avec le soutien des États-Unis, et que la Grande-Bretagne et la France étaient prêtes à déployer leurs troupes sur le territoire ukrainien », a-t-il rappelé, affirmant que de tels propos signifient des préparatifs d'intervention contre la Russie.
« Autrement dit, c'est exactement le contraire des garanties collectives qui avaient été convenues avec les Ukrainiens en avril 2022. À l'époque, tout était honnête, alors qu'aujourd'hui il s'agit des garanties de sécurité du régime que l'Occident s'efforce de maintenir, pourvu qu'il continue de mordre la Fédération de Russie », a-t-il souligné.
La Russie défendra le principe de l'indivisibilité de la sécurité
Sergueï Lavrov a commenté, par ailleurs, l'expiration du Traité sur la réduction et la limitation des armements stratégiques offensifs (Traité START), soulignant qu'après son expiration, un « vacuum » était apparu. À cet égard, il a indiqué que la Russie était favorable à un dialogue sur la stabilité stratégique et attendrait de voir dans quelle mesure les États-Unis seraient prêts à adopter une position similaire, assurant que Moscou était prête à toute évolution de la situation.
Le chef de la diplomatie russe a souligné que la Russie, conjointement avec la Chine et d'autres membres de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et du BRICS, défendra le principe de l'indivisibilité de la sécurité dans le dialogue avec les États-Unis, lorsque la position générale de Washington sur les aspects clés de la stabilité stratégique sera clarifiée.
La veille, le président américain Donald Trump avait déclaré qu'il était nécessaire d'élaborer un nouveau traité pour remplacer le START III. Plus tard, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a ajouté que les États-Unis poursuivraient les négociations avec la Russie sur un nouvel accord. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a confirmé que les délégations russe et américaine avaient abordé la question de la prolongation du START III lors des négociations qui se sont tenues à Abou Dhabi les 4 et 5 février.