
Source: Sputnik
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
Pour le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, les élites européennes ont subordonné leurs intérêts à ceux de Kiev, s'engageant dans une logique de confrontation avec la Russie. Moscou, affirme-t-il, n'intervient pourtant pas dans les relations entre l'Europe et les États-Unis et appelle à éviter toute escalade.
Les élites européennes utilisent aujourd'hui le régime de Kiev comme un outil de confrontation ouverte avec Moscou et se préparent à une implication directe dans un conflit : c'est l'opinion du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, formulée en réponse à une question du journaliste Pavel Zaroubine.
Une grande partie des dirigeants européens ont relégué les intérêts nationaux au second plan au profit de ceux des autorités ukrainiennes, affirme encore Sergueï Lavrov. Cette évolution marque, d'après lui, le passage du soutien politique à une participation assumée à une logique de guerre contre la Russie. Dans ce contexte, l'attitude de Moscou à l'égard de ces pays ne peut qu'évoluer en conséquence.
Sergueï Lavrov, par ailleurs, a rejeté toute responsabilité de la Russie dans les tensions entre l'Europe et les États-Unis. Il a souligné que Moscou ne s'immisce jamais dans les relations transatlantiques et se limite à observer la manière dont chaque acteur construit sa propre politique extérieure.
Selon lui, ce sont au contraire les pays européens qui tentent depuis longtemps de fragiliser les relations entre Moscou et Washington : « Il est difficile de nous reprocher de faire obstruction. C'est l'Europe qui a cherché, et qui cherche encore, à créer un obstacle entre la Russie et les États-Unis, percevant dans la politique américaine et chez le président Trump une certaine dérive - selon l'Europe - au profit de la Russie, au détriment des intérêts européens ».
En outre, le chef de la diplomatie russe souligne que, dans les relations internationales, la défense des intérêts nationaux constitue un principe fondamental. Lorsqu'un État affirme et protège ses intérêts, comme le font la Russie et quelques autres pays, il s'expose naturellement à être jugé et traité à l'aune de cette position.
Évoquant les relations entre Moscou et Washington, Sergueï Lavrov a cité un entretien qu'il avait eu à Riyad avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio. Ce dernier avait alors reconnu qu'il serait erroné de ne pas exploiter les convergences d'intérêts entre grandes puissances lorsque celles-ci existent, notamment pour développer des projets économiques, commerciaux ou d'investissement mutuellement bénéfiques.
Dans le même temps, le ministre a noté que les divergences d'intérêts entre la Russie et les États-Unis ne doivent en aucun cas dégénérer en confrontation directe. Autoriser une telle dérive relèverait non plus d'une erreur politique, mais d'une faute grave aux conséquences potentiellement irréversibles.