29/01/2026 mondialisation.ca  5min #303272

 Une nouvelle guerre américano-israélienne contre l'Iran embrasera toute la région (secrétaire général du Hezbollah)

Le feu du pillage : dénonciation urgente des incendies au Biobío et en Patagonie

Par  Via Campesina

Communiqué de La Via Campesina Chili Ce week-end, le feu a de nouveau révélé le visage brutal d'un modèle qui sacrifie des territoires et des vies. Dans les régions de Biobío et Ñuble au Chili, environ 30.000 hectares ont été ravagés à une vitesse criminelle, portés par une chaleur extrême et des vents violents. Des grands foyers simultanés se sont propagés de Hualqui à Penco, Lirquén, Tomé et d'autres secteurs du Grand Concepción. Des villages entiers ont été brûlés, comme le secteur d'El Pino, où 120 maisons ont été réduites en cendres. Plus de 20 000 personnes ont été évacuées, fuyant avec ce qu'ils avaient sur eux, organisant elle-mêmes refuges, soupes populaires et brigades.

Aujourd'hui, avec colère et douleur, nous dénonçons le bilan de cette catastrophe : au moins 19 morts, un chiffre qui pourrait doubler dans les prochains jours, des centaines de maisons détruites et des milliers de familles touchées. Cette tragédie n'est pas « naturelle » lorsqu'elle frappe encore et toujours les mêmes territoires appauvris et exposés.

Nous rejetons la version officielle. Le Biobío est un territoire historiquement transformé en zone de sacrifice et en modèle de pillage : monocultures industrielles, déréglementation, abandon de l'État et mégaprojets qui heurtent la vie communautaire. Ce n'est pas un hasard si, au milieu de la fumée, réapparaissent sans cesse les intérêts qui cherchent à tirer profit de la terre et de sa « reconstruction ». Dans les mêmes endroits où brûlent aujourd'hui des communautés, des projets extractifs comme le projet minier de terres rares à Penco (ACLARA) sont encouragés, et les entrepreneurs se réjouissent à l'idée d'un nouveau cycle de « permis accélérés » et d'assouplissement réglementaire.

Nous dénonçons également les signaux dangereux du prochain gouvernement, qui ouvrent la voie à un changement d'affectation des sols et à la spéculation. Quand le territoire brûle, les vautours surgissent, proposant « relance », « investissement » et « développement », tentant d'effacer par des décrets et des transactions commerciales ce que le peuple a construit et défendu au prix d'années de vie et de travail.

Parallèlement, en Patagonie argentine, le même schéma de violence territoriale se répète : les incendies qui ont débuté dans la région de Puerto Patriada, dans la Comarca Andina de Chubut (près d'Epuyén et d'El Hoyo), ont déjà ravagé au moins 25.000 hectares. Des dizaines de familles ont été sinistrées, 47 habitations détruites et des évacuations massives signalées dans la région. Pendant que le feu progressait, le pouvoir avançait également avec son scénario : le gouvernement et les porte-parole des médias ont criminalisé le peuple mapuche, allant jusqu'à parler de prétendus « groupes terroristes » sans qu'aucune conclusion judiciaire ne vienne étayer cette accusation, dans une manœuvre ancienne et dangereuse visant à fabriquer des ennemis internes et à masquer les responsabilités. Les habitant.e.s de la région confirment également les théories selon lesquelles des « intérêts étrangers » seraient à l'origine des incendies, un scénario récurrent lorsque il y a une lutte de pouvoir pour la terre, l'eau et les affaires.

Nous dénonçons avec force l'expansion des intérêts commerciaux et extractivistes en Amérique du Sud, qui détruisent les forêt et s'approprient les eaux et les montagnes. Cette expansion coïncide avec une escalade des incendies qui favorise le dépouillement, la spéculation immobilière et la recolonisation, tant au Chili qu'en Argentine.

Nous appelons à unir nos forces depuis les territoires : organisations paysannes, communautés autochtones, syndicats, brigades populaires, assemblées socio-environnementales et mouvements urbains pour faire face à l'avancée insatiable du pillage entrepreneurial sous la protection des gouvernements d'extrême droite. Aujourd'hui plus que jamais, la solidarité doit se traduire par des actions concrètes : brigades, collectes, fonds communautaires, pression politique et dénonciation internationale.

Nous n'accepterons pas que le feu serve de prétexte à la spoliation. Nous sommes conscient.e.s que les communautés s'organisent face à des États qui arrivent trop tard, réduisent les capacités de prévention et encouragent sans vergogne l'usurpation et l'exploitation des territoires.

La terre ne se vend pas : elle se défend. Et les peuples qui luttent contre le pouvoir - à Biobío, Ñuble et en Patagonie - ne sont pas seuls.

Cette publication est également disponible en  English : liste des langues séparées par une virgule,  Español : dernière langue.

La source originale de cet article est  Communiqué de Via Campesina

Copyright ©  Via Campesina,  Communiqué de Via Campesina, 2026

Par  Via Campesina

 mondialisation.ca