
© Présidence de la République Démocratique du Congo
Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, et son homologue de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, lors de leur rencontre à Oyo, le 24 janvier 2026.
Les présidents Félix Tshisekedi (RDC) et Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) ont échangé sur la situation sécuritaire dans l'est de la RDC, ravagé par la rébellion M23. Malgré des processus de paix engagés, les combats se poursuivent. Les deux chefs d'État appellent à la solidarité régionale.
Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, s'est rendu à Oyo, au nord de la République du Congo, le 24 janvier, pour une visite de travail à l'invitation de son homologue Denis Sassou Nguesso. Le chef de l'État congolais a été reçu à l'aéroport d'Ollombo, avant un entretien en tête-à-tête avec son homologue centré sur les enjeux sécuritaires et la coopération régionale.
Cette rencontre, organisée dans un contexte de tensions croissantes dans la région des Grands Lacs, visait à renforcer les liens bilatéraux entre Kinshasa et Brazzaville, tout en abordant la crise persistante dans l'est de la RDC. La présidence à Kinshasa évoque des « entretiens fructueux », soulignant une volonté commune de consultation continue entre les deux pays, unis par des liens historiques et culturels profonds.
S'exprimant devant la presse, Félix Tshisekedi a dénoncé une « guerre injuste et barbare qui nous est imposée », tout en pointant du doigt le non-respect des engagements pris dans les cadres de négociation. « Il y a des processus de paix qui ont été engagés pour lesquels d'ailleurs les protagonistes se sont aussi engagés, mais qui ne sont pas respectés par certains », a-t-il déclaré.
Le processus de paix fragilisé sur le terrain
Malgré la signature d'un accord de paix à Washington le 4 décembre entre Félix Tshisekedi et le président rwandais Paul Kagame, sous la médiation directe du président américain Donald Trump, la réalité sur le terrain reste préoccupante. Dès le lendemain de la signature, de violents affrontements ont repris entre l'armée congolaise et les rebelles du M23 dans plusieurs zones du Sud-Kivu.
Kinshasa accuse Kigali de soutenir activement cette rébellion, ce que les autorités rwandaises continuent de nier. En parallèle, le processus de Doha, conduit sous l'égide du Qatar, peine également à produire des résultats concrets. Plusieurs engagements diplomatiques - cessez-le-feu, déclaration de principes, accord-cadre - n'ont toujours pas été mis en œuvre.
Face à cette impasse, Félix Tshisekedi a jugé « naturel » de venir consulter Denis Sassou Nguesso, qu'il qualifie d'« aîné influent de la région ». Pour les deux chefs d'État, cette concertation s'inscrit dans un effort de stabilisation régionale à travers des échanges et une solidarité renforcée entre pays voisins.
Une relance diplomatique aux enjeux multiples
Outre les questions sécuritaires, cette visite a également permis d'aborder des dossiers économiques et de coopération. Les présidents ont discuté des moyens de dynamiser les échanges commerciaux et de développer des projets conjoints, notamment dans les domaines du développement durable et de la gestion des ressources naturelles.
Sur le plan diplomatique, l'Angola semble amorcer un retour discret dans le dossier congolais, après avoir suspendu sa médiation en 2025. Parallèlement, le Togo a organisé le 17 janvier une réunion de haut niveau destinée à relancer la cohérence du processus de paix dans la région des Grands Lacs.
Dans ce climat incertain, la rencontre d'Oyo apparaît comme une initiative pour redonner un souffle à une diplomatie régionale en perte de vitesse. En misant sur le dialogue et la complémentarité entre États, les deux chefs d'État tentent d'ouvrir une voie vers la stabilité, dans une région minée par des ingérences extérieures et des conflits prolongés.