24/01/2026 francais.rt.com  3min #302764

Comment le Hamas se réinvente face aux pressions internationales ?

© Getty Images

Soldats du Hamas.

Affaibli mais toujours influent, le Hamas fait face à une recomposition politique à Gaza. Il pourrait céder la gouvernance civile tout en se refusant à une réelle démilitarisation. L'avenir du mouvement dépendra de sa direction et du cadre politique imposé après la guerre.

Près de vingt ans après sa prise de contrôle de la bande de Gaza, le Hamas traverse l'une des périodes les plus incertaines de son histoire. Affaibli par des années de guerre et par l'offensive israélienne, sans toutefois avoir été éradiqué, le mouvement islamiste fait face à une nouvelle séquence diplomatique qui pourrait redessiner l'avenir politique de l'enclave.

La semaine dernière, Washington a annoncé le lancement de la deuxième phase du cessez-le-feu, incluant la création d'une autorité technocratique chargée d'administrer Gaza, le Comité national pour l'administration de Gaza (CNAG), dirigé par Ali Shaath, ancien responsable de l'Autorité palestinienne.

Vers un modèle similaire au Hezbollah ?

Ce cadre, soutenu par les États-Unis, prévoit également la reconstruction du territoire et sa démilitarisation complète, avec en ligne de mire le désarmement du Hamas et des autres factions armées. Officiellement, le mouvement ne s'oppose pas à l'idée d'une administration technocratique palestinienne. En coulisse toutefois, la méfiance domine. Le Hamas doute de l'indépendance réelle du CNAG, perçu comme étroitement lié à Washington, un acteur qu'il juge aligné sur les intérêts israéliens.

Craignant d'être marginalisé, le mouvement a rapidement réaffirmé sa présence sur le terrain dès l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. Réactivation de structures administratives, retour de forces de sécurité, reprise de contrôle de quartiers entiers : le message est clair, le Hamas reste incontournable à Gaza. Cette démonstration de force s'est accompagnée d'une répression brutale contre des groupes rivaux et des réseaux criminels, afin de combler le vide sécuritaire.

Pour autant, une évolution stratégique se dessine. Selon plusieurs analystes, le Hamas serait prêt à abandonner la gestion civile directe de l'enclave à condition que ses membres soient intégrés à toute nouvelle administration. À plus long terme, le mouvement viserait un modèle comparable à celui du Hezbollah libanais : conserver une influence politique et militaire tout en se retirant de la gouvernance formelle.

La succession de Yahya Sinwar, tué en 2024, sera déterminante. Entre Khalil al-Hayya, proche de l'Iran, et Khaled Mechaal, plus pragmatique, le choix du futur chef politique indiquera l'orientation du Hamas, notamment sa volonté de se repositionner sur la scène internationale.

Reste la question centrale du désarmement. Pour le Hamas, céder les armes sans avancée politique majeure, notamment la création d'un État palestinien, est inconcevable. Tout au plus évoque-t-il une trêve prolongée et des armes mises en sommeil. Entre concessions tactiques et lignes rouges assumées, le mouvement avance désormais sur un équilibre fragile.

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