
par Raphaël Besliu
À Strasbourg, ce 21 janvier, les eurodéputés ont infligé un camouflet aux technocrates bruxellois. Par 334 voix contre 324, avec une poignée d'abstentions, ils ont voté la saisine de la Cour de justice de l'UE sur l'accord commercial avec le Mercosur.
Résultat : un gel de la ratification pour au moins deux ans, à peine quatre jours après la signature au Paraguay. Cette victoire serrée, fruit d'une révolte transpartisane, unit des agriculteurs français et des eurodéputés lassés des diktats globalistes qui ruinent nos campagnes et nos industries.
Les vrais héros, ce sont ces paysans français qui ont tenu tête aux élites déconnectées, prêtes à inonder nos marchés de viande sud-américaine à bas prix, au mépris de nos normes et de notre souveraineté alimentaire. Face à une Commission européenne obsédée par un libre-échange destructeur, ce vote sonne comme un cri du ventre : non aux importations massives qui achèvent une agriculture déjà exsangue.
Même les extrêmes se sont rangés derrière cette cause, révélant les fractures d'un système où les pro-globalistes se retrouvent isolés.
ALERTE : coup d'arrêt au MERCOSUR. le Parlement européen a voté en faveur d'une saisine de la Cour de justice européenne ce qui va retader le processus de ratification pour de nombreux mois. Tout le processus de ratification s'en trouve bousculé. C'est un revers majeur pour... pic.twitter.com/1Boc3dnHXY- Corinne Lalo (@corinne_lalo) January 21, 2026
Les recours qui fissurent le château de cartes bruxellois
À la suite de ce vote, 144 parlementaires de tous bords ont déposé un recours devant la Cour de justice de l'UE. Ils posent deux questions brûlantes : l'application provisoire de l'accord avant que tous les États membres ne l'aient ratifié, et surtout son impact sur les politiques environnementales et de santé publique.
Sans oublier le fameux «mécanisme de rééquilibrage», ce parachute doré qui permettrait au Mercosur de réclamer des compensations si de futures lois européennes - sur l'environnement ou la santé - faisaient chuter leurs exportations de viande aux normes laxistes.
Du côté de la bureaucratie bruxelloise, on balaie d'un revers de main. Olof Gill, porte-parole de la Commission sur les questions commerciales, affirme que les interrogations soulevées ne sont pas justifiées, la Commission ayant déjà abordé ces enjeux de manière très détaillée. Une réponse de pure forme, qui masque un entêtement et ignore les «vrais gens» : ces agriculteurs français en première ligne contre l'arrivée de produits sud-américains à bas coût.
Incidents toujours en cours aux abords du Parlement européen à Strasbourg. La police bloque un groupe d'agriculteurs dans les rues adjacentes à la manifestation contre le Mercosur. pic.twitter.com/wvCSzCp7wt- CLPRESS / Agence de presse (@CLPRESSFR) January 20, 2026
Le Parlement se fracture : une union inattendue contre les technocrates
Au cœur de cette bataille, les lignes politiques ont volé en éclats. Renew Europe, les Verts/ALE, la Gauche, et même les Patriotes pour l'Europe portés par Jordan Bardella, se sont rangés derrière le recours, formant un front inattendu.
De l'autre côté, le PPE et les sociaux-démocrates du S&D ont résisté, malgré quelques défections qui ont fait pencher la balance. Cette division, rare à ce niveau, révèle un système bruxellois à bout de souffle, où les extrêmes font cause commune avec une partie du centre contre une élite déconnectée.
Friedrich Merz, chancelier allemand, n'a pas mâché ses mots : il a jugé le vote «regrettable» et a estimé qu'il «méconnaît la situation géopolitique», appelant à une application provisoire immédiate.
Pour les éleveurs du Larzac comme pour les viticulteurs bordelais, cette faille est une bouffée d'air : enfin, la souveraineté alimentaire l'emporte sur l'ouverture forcée aux importations massives de viande à bas prix.
Die Entscheidung des Europäischen Parlaments zum Mercosur-Abkommen ist bedauerlich. Sie verkennt die geopolitische Lage. Von der Rechtmäßigkeit des Abkommens sind wir überzeugt. Keine weiteren Verzögerungen mehr. Das Abkommen muss jetzt vorläufig angewandt werden.- Bundeskanzler Friedrich Merz (@bundeskanzler) January 21, 2026
Les tracteurs en liesse : la révolte des champs triomphe à Bruxelles
Devant le Parlement européen, c'est l'explosion de joie. Des milliers d'agriculteurs français, irlandais, polonais et d'ailleurs ont envahi les rues avec leurs tracteurs, klaxons hurlants et drapeaux au vent. Ils célèbrent ce vote comme une victoire arrachée de haute lutte contre une bureaucratie prête à les noyer sous des tonnes de bœuf argentin à prix cassé.
Après ce blocage salvateur de la ratification du Mercosur, ces «vrais gens» des campagnes se sentent enfin entendus, loin des technocrates qui rêvent d'une zone géante de libre-échange : 25 ans de négociations pour 700 millions de consommateurs, 90% des droits de douane rayés d'un trait de plume, et des échanges follement asymétriques - leur bœuf sud-américain contre nos voitures allemandes.
Parmi eux, Quentin Le Guillous, syndicaliste français de la FNSEA, peine à contenir son émotion :
«Cela fait des mois et des mois, des années que nous travaillons là-dessus, lance-t-il. Ce soir, je rentre chez moi, je vais embrasser tout le monde et je vais dire à mes enfants : «J'y suis arrivé, on y est arrivés, on peut être fiers»».
L'UE technocratique au bord du gouffre : quel avenir pour ses élites déconnectées ?
Face à cette révolte transpartisane, la bureaucratie bruxelloise hésite, partagée entre la tentation de contourner l'obstacle et la crainte d'un clash institutionnel majeur. La Commission pourrait tenter une application provisoire, mais le risque est explosif : les recours déposés par 144 parlementaires visent précisément ces questions piégées - environnement, santé, souveraineté alimentaire.
Les agriculteurs français y voient une brèche pour protéger leurs exploitations contre l'invasion de viande sud-américaine à bas prix.
Pendant ce temps, un sommet extraordinaire se profile jeudi sur les relations transatlantiques. Les dirigeants y discuteront de la suite, dans un Occident fragilisé par ces choix anti-souverains. Les peuples résistent, les élites grincent des dents : la machine européenne craque de toutes parts.
source : Géopolitique Profonde
