
Source: AP
Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, à Berlin, le 14 novembre 2025.
Alors que plusieurs pays européens ont commencé à déployer de petits contingents militaires au Groenland, l'Italie a choisi de rester à l'écart. Rome estime que ces initiatives relèvent davantage du symbole que d'une réponse crédible aux enjeux arctiques. Le ministre italien de la Défense a dénoncé une opération inefficace.
Alors que plusieurs pays européens ont commencé à déployer de petits contingents militaires au Groenland, l'Italie a choisi de rester à l'écart. Le ministre de la Défense, Guido Crosetto, a dénoncé une opération inefficace et dispersée, appelant à une coordination plutôt qu'à une addition de gestes unilatéraux.
Prenant ses distances avec l'initiative portée par ses alliés, il a déclaré : « Que peuvent faire 100, 200 ou 300 soldats, quelle que soit leur nationalité ? Cela ressemble au début d'une blague », selon l'agence ANSA. Il a souligné que l'Italie ne participera pas à ce qu'il considère comme un déploiement purement symbolique, sans utilité stratégique. « Ce n'est pas une compétition de qui envoie le plus de militaires », a-t-il ajouté, en appelant à une action collective claire.
Lors de la Conférence sur la politique arctique italienne, Guido Crosetto a ironisé sur l'envoi de petits détachements européens : « 15 Italiens, 15 Français, 15 Allemands... on dirait une excursion. » Il a défendu une approche globale mêlant diplomatie, recherche et économie, plus adaptée selon lui aux enjeux arctiques.
Pendant que la France, l'Allemagne, la Suède ou le Royaume-Uni ont confirmé leur engagement à la demande du Danemark, Rome opte pour la retenue. Copenhague justifie ces mouvements par une volonté de se prémunir contre les menaces en provenance des États-Unis.
Une stratégie centrée sur la coopération et les intérêts concrets
L'Italie a présenté un document stratégique de 52 pages détaillant sa vision pour l'Arctique. Le texte privilégie la dissuasion non militaire, la coopération transatlantique et le développement durable. Rome ne perçoit pas de menace directe de la Chine ou de la Russie, mais dit rester attentive aux enjeux liés aux ressources naturelles.
Le document met également en avant le rôle d'acteurs industriels italiens comme Eni dans des projets arctiques. Le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a annoncé le lancement d'une mission économique dédiée à la région.
Éviter la confrontation, préserver la stabilité
La Première ministre Giorgia Meloni a affirmé que l'Arctique doit rester une zone de stabilité. « L'Italie est convaincue que cette zone doit être une priorité pour l'Union européenne et l'OTAN, mais dans une logique de coordination, et non de tensions », a-t-elle déclaré.
Rome exclut toute présence militaire, même pour des exercices. Cette position est jugée cohérente avec ses engagements et sa volonté italienne de désescalade. Malgré le déploiement en cours de forces européennes à Nuuk, capitale du Groenland, l'Italie reste à distance.
Soucieuse d'éviter une montée des tensions avec Washington, Rome défend une ligne d'équilibre entre ses engagements euro-atlantiques et sa stratégie indépendante. Dans un Arctique devenu un espace de compétition, l'Italie mise sur la stabilité, la coopération et la clarté de ses choix.