
Par Strategic Culture Foundation, éditorial du 9 janvier 2026
L'ordre international est en train se s'effondrer sous nos yeux. Sous Donald Trump, les États-Unis s'apparentent à un État voyou à part entière, agissant ouvertement selon la maxime "la force fait le droit". Tel a toujours été le modus operandi de l'hégémonie américaine. Avec Trump, le turbo est enclenché.
Toute prétention à un ordre fondé sur des règles a été abandonnée. Trump se vante ouvertement se moquer du droit international et n'avoir aucune limite à l'exercice unilatéral du pouvoir américain.
En l'espace d'une semaine, le régime Trump a :
- mené une agression meurtrière contre le Venezuela, kidnappé son président et réquisitionné ses vastes ressources pétrolières
- saisi des cargos appartenant à la Russie et à la Chine, en violation des lois de la mer
- menacé d'attaquer militairement plusieurs nations souveraines, dont le Mexique, la Colombie et Cuba
- menacé d'annexer de force le territoire arctique du Groenland, légalement rattaché au Danemark
- intensifié les bombardements en Somalie, le septième pays bombardé par Trump au cours de sa deuxième année de mandat
- inventé des mensonges éhontés pour justifier l'exécution extrajudiciaire d'une citoyenne américaine innocente par un agent fédéral américain
- tout en menaçant l'Iran d'une action militaire si le gouvernement iranien devait réprimer les manifestations de rue, manifestations dont beaucoup s'accordent à dire qu'elles ont été attisées par les services secrets américains et israéliens.
Parmi toutes ces actions répréhensibles, les pires sont sans doute les multiples crimes de guerre commis lors de l'attaque du Venezuela qui a fait plus de 100 morts. Trump a jeté aux oubliettes sa prétendue lutte contre le narcoterrorisme. Il célèbre désormais la mainmise sur les ressources pétrolières du Venezuela au profit des grandes compagnies pétrolières américaines.
Cette barbarie n'est autre qu'un impérialisme pur et dur, empreint de l'arrogance fasciste. Trump a ramené le monde au début du XXè siècle, époque où le cynisme de la diplomatie de la canonnière s'exerçait en toute impunité. Au début du XXè siècle, les présidents américains successifs ont régulièrement envahi plusieurs pays d'Amérique latine, massacrant leurs populations, installant des dictateurs sanguinaires et s'adonnant à une véritable frénésie d'expropriation des ressources naturelles. Trump a ouvertement vanté la doctrine Monroe de 1823, affirmant qu'elle lui conférait le droit de dicter au Venezuela et à d'autres nations latino-américaines de rompre tous leurs liens avec la Chine et la Russie.
La Chine et la Russie ont vivement condamné les États-Unis pour leur agression contre le Venezuela, mettant en garde contre le risque d'une dérive mondiale vers le chaos.
Ce n'est toutefois pas le cas des États européens, qui ont docilement adopté une posture modérée ou présenté des justifications douteuses pour le comportement criminel de Trump. Bien sûr, les nations européennes sont impliquées, car elles ont soutenu l'agression américaine pendant de nombreuses années, en tentant de délégitimer le président vénézuélien Nicolás Maduro, refusant de reconnaître son élection et soutenant des personnalités séditieuses, comme la lauréate du prix Nobel Maria Corina Machado, appuyées par l'Occident.
Jeffrey Sachs, éminent spécialiste américain des relations internationales, a déclaré cette semaine devant le Conseil de sécurité de l'ONU que la question de fond relève moins de ce que Washington et ses partenaires européens prétendent à propos du gouvernement vénézuélien que de la primauté de la Charte des Nations unies et du respect du droit international, fondé sur l'inviolabilité de la souveraineté nationale.
Le régime Trump a commis des actes d'agression et bafoué la Charte des Nations unies avec un mépris absolu. Les États européens se rendent complices de la barbarie de cet État voyou par leur silence et leur attitude ambiguë.
Les puissances occidentales, se présentant comme les parangons de la démocratie internationale, de l'ordre public et de l'autorité morale, n'en sont pourtant qu'une parodie. Elles accusent la Russie, la Chine et autres pays de malversations et d'ambitions malveillantes, alors que ce sont les États occidentaux, menés par la première puissance hégémonique, les États-Unis, les premiers à bafouer l'ordre international. Ces hypocrites et charlatans précipitent le monde dans une nouvelle crise et attisent les pires conflits.
Depuis la Seconde Guerre mondiale et la signature de la Charte des Nations unies en 1945, les puissances occidentales se livrent à un jeu cynique de duplicité et de démagogie. Tout en affirmant leur attachement à la loi et à l'ordre, elles se sont toujours réservé le droit de renverser des nations étrangères en recourant à l'agression et aux guerres illégales, au prétexte de la guerre froide, de la protection de la "démocratie et du monde libre" et autres motifs fallacieux. Les puissances occidentales ont toujours été des régimes voyous masquant leurs crimes de changement de régime, d'agression et de guerres de conquête derrière un voile de vertu.
Ces États pseudo-démocratiques ont toujours été, en réalité, des impérialistes voyous. Leur démagogie effrontée bénéficie et continue de bénéficier de la complicité du système de propagande occidental, soit les médias occidentaux.
La nature propagandiste des médias occidentaux transparaît clairement dans l'agression contre le Venezuela. Aucun des grands médias américains ou européens n'a osé condamner les crimes de guerre commis par les États-Unis. Plusieurs des principaux médias américains, dont le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal, ont en effet légitimé l'agression de Trump, alors qu'elle relève des critères de Nuremberg pour les crimes suprêmes.
Parmi toutes les parodies désormais exposées au grand jour, la vassalité évidente des États européens est particulièrement flagrante. Même lorsque le régime Trump menace d'annexer de force le territoire du Groenland, dont la souveraineté est pourtant formellement reconnue, les critiques ou l'opposition sont quasi inexistantes. Les États européens, comme le Danemark, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la France, et d'autres, témoignent d'une soumission pathétique au puissant maître américain.
Ironie amère, l'arrogance imprudente de Trump est plutôt salutaire. Elle expose en effet le système occidental pour ce qu'il est : un régime impérialiste criminel sans le moindre respect pour le droit international, la vie humaine et la coexistence pacifique. Elle met à nu la duplicité et la vacuité du monde occidental, dévoilant ainsi clairement ses mécanismes. Ce à quoi nous assistons relève du barbare et du laid, à l'image du fascisme d'autrefois. Les Européens sont démasqués pour ce qu'ils sont : des laquais. Ils n'en sont cependant pas moins dangereux, car dans leur servilité, ils renforcent l'impunité de la violence impérialiste.
Traduit par Spirit of Free Speech