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Emmanuel Macron
Malgré le retrait militaire et le recul de la présence française sur le continent, Emmanuel Macron remet en avant l'idée d'un retour en Afrique. Cette fois, le président français met en avant le volet économique, en appelant les entreprises françaises à investir de nouveau sur le continent.
Les difficultés accumulées par la France en Afrique au cours des dernières années ne semblent pas refermer le dossier africain à Paris. Malgré le recul diplomatique, le retrait militaire et la baisse des investissements, Emmanuel Macron continue de défendre l'idée d'un retour français sur le continent, désormais présenté avant tout sous l'angle économique.
Ce 8 janvier, lors du discours aux ambassadeurs de France, Macron a évoqué la « nécessité » de recréer des liens entre les entreprises françaises et l'Afrique. Il a parlé d'un objectif fixé à l'horizon 2026. Il a inscrit cette position dans la continuité du discours de Ouagadougou, qui avait marqué la fin de la présence militaire française sur le continent et l'annonce de partenariats économiques « d'égal à égal ».
Dans son intervention, le président a reconnu le désengagement progressif des entreprises françaises en Afrique. Il a estimé que le secteur privé ne s'était pas suffisamment impliqué ces dernières années. Il a également évoqué le recul de la présence française dans les secteurs bancaire et financier, autrefois dominés par des groupes français.
Le chef de l'État a indiqué avoir demandé au gouvernement de revoir cette situation. Il a appelé à privilégier des groupes français prêts à s'implanter en Afrique, tout en excluant ceux qu'il juge insuffisamment engagés : « Amenons des groupes français de plus en plus nombreux en Afrique, mais amenons des groupes qui ont faim. Ceux qui ne se comportent pas bien ou ceux qui n'ont pas faim, il ne faut plus les emmener. »
Les investissements directs français en Afrique sont en recul depuis le milieu des années 2010. Les flux annuels ne représentent plus qu'une part marginale de l'ensemble des investissements français à l'étranger, autour de 2,5 % du stock total.
À l'échelle mondiale, les investissements directs étrangers vers l'Afrique diminuent également, avec une forte baisse enregistrée au premier semestre 2025 par rapport à l'année précédente, un contexte qui limite les perspectives de réengagement économique, y compris pour les entreprises françaises.