L'« eschatologie opérative » de la Russie

• Avec les développements décisifs et déconstructifs en Ukraine et à en Israël-Gaza, s'ouvre une phase nouvelle du bouleversement mondial marquant la fin de notre civilisation et d'un cycle eschatologique complet. • Un long article de John Helmer rend compte de réflexions de dirigeants et idéologues russes sur les perspectives à considérer. • La complexité du propos rend compte de l'extraordinaire importance du passage que nous vivons. • La Troisième Guerre mondiale, "guerre mentale" sans rapport avec ce qui a précédé, est largement en cours.

6 décembre 2023 (11H30) - Il nous apparaît qu'il existe une conjonction radicale et explosive entre deux évènements, ces deux "sous-crises" de la  GrandeCrise arrivant à maturation simultanément :

• D'une part, le terme de cette fausse-vraie guerre immonde, cruelle et d'une profonde corruption de lâcheté et de montage de représentation de fantasy qu'est le simulacre de la guerre de l'Ukraine ; terme évidemment d'une défaite complète, plongeant dans le ridicule gluant du marais putride qu'ont constitué, non seulement le commentaire, mais la compréhension de l'événement par l'Occident-compulsif, : cela, malgré que le susdit événement ait été provoqué par la susdite entité mais comme si c'était, - et ceci explique cela, - à la condition expresse qu'elle n'en entendît rien du tout et qu'elle n'en appréciât quoi que ce soit.

• D'autre part, le passage à la phase ouvertement eschatologique du conflit Israël-Palestine sous le nom de "guerre de Gaza", effectué avec une violence extrême, celle des conceptions des croyants de la foi de l'eschatologie, et encore une fois sans que quiconque dans les élites de l'Occident-compulsif, qui en restent aux narrative d'il y a quatre-huit décennies, n'y comprennent, n'y entendent, n'en apprécient quoi que ce soit.

Note de PhG-Bis : « Par bonheur, il reste chez ces élites un zèle admirable pour nous protéger du fascisme, du racisme et de l'antisémitisme... Ainsi soit-il et qu'une sorte de grâce en solde (à bon marché) soit rendue à ces "modernes" qui tiennent vigoureuse la flamme du progressisme et du "parti de l'industrie", lequel formant à partir de 1825 l'épine dorsale en format 'éclair au chocolat' [selon la formule de Theodore Roosevelt partant de son président McKinley] de la bourgeoisie du XIXème siècle en même temps qu'un des composants majeurs du  "déchaînement de la Matière". »

S'il est un pays (un "pays-civilisation") qui comprend l'enjeu en cours dans la situation présente, c'est évidemment la Russie. Cette puissance sait que le terme de la guerre en Ukraine est déjà entré dans l'échelon suprême de l'affrontement direct avec les forces américanistes-occidentalistes, via l 'OTAN, l'UE, les USA eux-mêmes avec leur étrange dichotomie alliant une formidable puissance satanique d'influence et une situation intérieure de totale désintégration. Elle sait également, la Russie, qu'il lui reste à trouver une position de moyen terme entre l'utilité d'assez bonnes relations avec Israël et le devoir de soutien actif de "la Résistance" et de bonnes relations avec le monde musulman au Moyen-Orient, de l'Iran à l'Arabie.

En arrière-plan de ces divers points, on trouve une perception russe extraordinairement affutée de l'entrée dans un cataclysme crisique marquant la fin d'une civilisation, d'une ère, d'un cycle, etc., - selon ce que les convictions de chacun font préférer. Les dirigeants russes parlent à visage découvert de ce phénomène et, loin d'en rester au simple stade documentaire, entendent élaborer une "stratégie", - en fait ce qui est bien plus qu'une "stratégie", - pour cette tempête qui se déchaînent «...entre les " Quarantièmes rugissants" et les " Cinquantièmes hurlants" ».

Nous avons déjà mentionné et  cité hier un extrait très court d'un texte de John Helmer que nous jugeons absolument approprié à ce climat, et révélateur sinon constitutif de ce climat. Nous avons pensé qu'il était largement justifié de la reprendre dans son entièreté (il est extrêmement long) pour disposer d'éléments concrets sur les conditions de la nouvelle phase qui va commencer, - en vérité, qui a déjà commencé. Le caractère très intéressant de la politique russe est qu'elle mêle constamment les aspects théoriques les plus apparemment abstraits et symboliques, sans craindre aucunement l'aspect eschatologique, avec la politique la plus active et la plus opérationnelle. Répétons-le sans nous lasser, ce pays fait pour les tempêtes de l'histoire et les interrogations lumineuses de la métahistoire face au satanisme, est certainement, aujourd'hui, celui qui saisit le mieux l'importance et la puissance des évènements en cours.

On notera ci-après deux extraits qui font ressortir les intentions russes pour les deux théâtres d'opération des deux "sous-crises", d'après des sources qui sont proches de Helmer et rendent certainement compte de la pensée prédominante au sein de la direction russe, - largement "collectivisée" et diversifiée selon les divers pôles de pouvoir, et nullement ultra-centralisé autour d'un "homme solitaire et isolé", et atteint de démence paranoïaque, comme les stupides commentateurs occidentalistes n'ont cessé d'ânonner pendant des mois en chantant la victoire certaine de l'Ukraine au son joyeux et immensément humanitariste de l'effondrement de la Russie.

• Concernant la crise de "la guerre de Gaza", les sources de Helmer reconnaissent des échecs de la direction russe à établir une position claire, cédant trop à l'apparence de bonnes relations avec Israël, et n'affirmant pas assez le soutien aux Palestiniens dans le cadre du soutien aux luttes de libération nationale que la Russie hérite, assez curieusement selon nous mais tout à fait judicieusement de son point de vue, de la panoplie de l'action extérieure de l'Union Soviétique communiste. Ces sources prévoient une révision dans un cadre collectif renvoyant aux divers changements fondamentaux en cours, comme la mise en place des BRICS+.

« Pour la Russie, ce que nous voyons est le début d'un nouveau cycle d'une décennie, - les dirigeants du Fatah sont âgés et en fin de vie. Le Hamas sera largement détruit. Personne ne lui viendra en aide. Le Hezbollah en sortira intact - même s'il se bat maintenant. Je vois donc la nécessité d'une intervention - purement humanitaire - pour briser le blocus israélien de Gaza, qui serait à la fois importante et ne fournirait pas de couverture militaire au Hamas. L'avenir devrait être marqué par un mouvement national et international massif au sein de la Russie et de la Chine pour briser le blocus de Gaza, suivi d'une couverture aérienne contre les Israéliens pour Gaza, la Syrie et le Liban ».

• Concernant l'Ukraine et ses suites, la prévision est beaucoup plus nette et s'appuie sur la pression d'une puissance militaire russe devenue irrésistible du fait du formidable terrain d'essai, de professionnalisation et d'adaptation des nouvelles armes et systèmes les plus modernes à la boue et au brouillard de la guerre, que constitue ce conflit. On comprend qu'on se dirige vers des épreuves de force où l'Occident-poussif trouvera sur sa route bien des fourches caudines sous lesquelles se glisser. On le comprend ou on le devine, les Russes veulent la démilitarisation ou la neutralisation de l'OTAN proche, notamment des bases de missiles US en Pologne et en Roumanie.

«... [Ilitski] expliquait que l'objectif de guerre du ministère de la Défense, et donc celui du Kremlin, n'est pas simplement de détruire l'armée ukrainienne, mais de "démilitariser l'OTAN" sur les territoires de l'Ukraine, de la Pologne et des pays baltes. En bref, ramener l'OTAN aux frontières de l'alliance de 1997 - avant que la Pologne, la Hongrie et la République tchèque ne rejoignent l'accord en 1999, suivies par la Roumanie, les États baltes et les Balkans en 2004.

Voilà deux petites parties d'un texte extrêmement vaste qui donne une idée assez précise, à la fois des enjeux qui s'imposent maintenant à l'ensemble du monde, à la fois de la façon dont la Russie est certainement la puissance la plus consciente de cela, et la mieux préparée à y répondre. L'Ukraine et la "guerre de Gaza" ne sont que l'ouverture.

Nous avons un peu raccourci le titre initial de l'article  du 5 décembre de John Helmer, qui a pour titre sous le titre : « L'idéologie de la Russie est maintenant la libération nationale du monde de l'empire américain, avec l'aide du patriarche Kirill »

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06/12/2023 dedefensa.org  19 min #238649

L'« eschatologie opérative » de la Russie

La Russie et la libération nationale du monde

John Helmer

Entre 1917 et aujourd'hui, dans l'histoire de la Russie, il est clair que le cheval tire la charrette. Autrement dit, les idées des gens, ou l'idéologie des groupes et la propagande des médias, des églises et des gouvernements, sont entraînées par leurs intérêts économiques, par la structure de classe de la société sous-jacente.

Je ne parle pas du cheval sur la photo [en tête de l'article].