Par Manlio Dinucci

Les projecteurs politico-médiatiques, focalisés sur ce qui se passe à l'intérieur du Venezuela, laissent dans l'ombre ce qui se passe autour du Venezuela. Dans la géographie du Pentagone, celui-ci entre dans l'aire du U.S. Southern Command (Southcom), un des six "commandements combattants unifiés” entre lesquels les USA divisent le monde.
Le Southcom, qui couvre 31 pays et 16 territoires de l'Amérique latine et des Caraïbes, dispose de forces terrestres, navales et aériennes et du corps des marines, à quoi s'ajoutent des forces spéciales et trois spécifiques task force : la Joint Task Force Bravo, basée dans la base aérienne de Soto Cano au Honduras, qui organise des exercices multilatéraux et autres opérations ; la Joint Task Force Guantanamo, basée dans la base navale homonyme à Cuba, qui effectue des "opérations de détention et interrogatoire dans le cadre de la guerre au terrorisme” ; la Joint Interagency Task Force South, basée à Key West en Floride, avec la mission officielle de coordonner les "opérations anti-drogue” dans toute la région. L'activité croissante du Southcorn indique que ce qu'a déclaré le président Trump le 11 août -" Nous avons de nombreuses options pour le Venezuela, y compris une possible action militaire”- n'est pas une simple menace verbale.

La base militaire de Guantanamo.
Source : Radio Canada
Une force spéciale des marines, dotée d'hélicoptères de guerre, a été déployée en juin dernier au Honduras pour des opérations régionales avec une durée prévue de six mois. Dans le cadre toujours du

La base principale serait la Colombie voisine, reliée à l'Otan en 2013 par un accord de partenariat. "Du personnel militaire colombien - documente l'Otan- a pris part à de nombreux cours à l'Académie de Oberammergau (Allemagne) et au Nato Defense College à Rome, en participant aussi à de nombreuses conférences militaires de haut niveau”.
Qu'un plan d'intervention militaire au Venezuela existe déjà est confirmé par l'amiral Kurt Tidd, commandant du Southcorn : dans une audition au sénat, le 6 avril 2017, il déclarait que "la crise humanitaire croissante au Venezuela pourrait rendre nécessaire une riposte régionale”. Pour réaliser la menace de l'”option militaire” de Trump, pourrait être adoptée, même dans un contexte différent, la même stratégie que celle mise en acte en Libye et Syrie : infiltration de forces spéciales et de mercenaires qui jettent de l'huile sur les foyers intérieurs de tension, en provoquant des affrontements armés ; accusation contre le gouvernement de massacrer son propre peuple et l' "intervention humanitaire” qui en résulte par une coalition armée conduite par les USA.Manlio Dinucci
Article original en italien :
Grandi manovre attorno al Venezuela
Edition de mardi 22 août 2017 de il manifesto
Traduction de l'italien par Marie-Ange Patrizio
Source de l'image : pensandoamericas.com
La source originale de cet article est ilmanifesto.it

