📚 25/09/2026 ssofidelis.substack.com  9min ⁑️ #327859

Le coup de force de Langley — Show onusien, canal de Dublin et pourquoi Moscou devrait nommer le coupable

Le coup de force de Langley - Show onusien, canal de Dublin & pourquoi Moscou devrait nommer le coupable

Par  Russia Truth, le 25 septembre 2026

Dans les salles plénières, les dirigeants politiques de l'Occident collectif ont agi à l'unisson :

  • Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, flanqué d'une phalange d'homologues européens - Kaja Kallas, Radosław Sikorski et le Français Jean-Noël Barrot -, a formulé une demande commune et répétée de cessez-le-feu immédiat et inconditionnel.
  • Le président français Emmanuel Macron est monté à la tribune pour déclarer que les garanties russes sur l'absence de visées sur l'Europe ne sont que des mensonges éhontés, affirmant avec un aplomb de circonstance que Moscou se prépare activement à attaquer le continent.
  • Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, est sorti d'une réunion à huis clos avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, pour lancer la fable selon laquelle les deux parties "s'intéressent à un cessez-le-feu limité"

Lavrov a immédiatement mis fin à cette supercherie devant le Conseil de sécurité de l'ONU : il n'y aura pas de cessez-le-feu.

Ni avant les négociations, ni pendant les négociations, ni pour apaiser les craintes politiques nationales de Donald Trump quant au prix du diesel à 6,20 dollars à l'approche des élections de mi-mandat.

Invoquant les précédents historiques de la Corée et du Vietnam - où les négociations se sont étalées sur des années tandis que des combats intenses se poursuivaient - M. Lavrov a réaffirmé que Moscou n'accordera pas à l'OTAN une nouvelle pause opérationnelle pour réarmer son mandataire en déroute.

La véritable portée du sommet de l'ONU ne réside pas tant en ce qu'ont dit les diplomates qu'en ceux qui rédigent leurs discours.

Les ministres européens des Affaires étrangères n'ont pas coordonné leur discours à Bruxelles.

Le discours alarmiste - illustré par les fuites étranges d'El Mundo alléguant que des navires commerciaux russes prépareraient des frappes de drones contre l'Espagne, l'Italie et la France - a été rédigé en Virginie du Nord.

Le "projet Ukraine" pris en main par la CIA.

Après avoir vu la classe politique atlantiste faire échouer la guerre par procuration jusqu'à provoquer un effondrement systémique tant sur le plan industriel que sur le champ de bataille, le directeur de la CIA, John Ratcliffe, est sorti de l'ombre pour agir en qualité de directeur exécutif de facto du conflit, obligeant Moscou à une décision stratégique urgente : cesser de prétendre qu'il s'agit d'une guerre européenne, et dénoncer directement le maître impérial.

1. Le mirage du cessez-le-feu : la manipulation de Rubio face à la réalité du Vietnam

La tentative de Marco Rubio de présenter sa rencontre bilatérale avec Sergueï Lavrov comme un premier pas vers un "cessez-le-feu énergétique limité" est un cas d'école de la gestion de l'information interne à Washington :

Rubio - qui cumule les fonctions de secrétaire d'État et de conseiller à la sécurité nationale - cherche désespérément à convaincre Donald Trump d'une "trêve énergétique" pour faire baisser les prix à la pompe avant les élections de novembre.

Pour y parvenir, il est sorti de sa réunion avec Lavrov pour murmurer aux journalistes que Moscou envisage une pause opérationnelle.

C'était un pur mensonge.

Les discours publics prononcés ensuite par Lavrov aux Nations unies ont été sans concession.

La Fédération de Russie a été échaudée par les initiatives de "paix" occidentales depuis trois décennies : de la supercherie de Rambouillet en 1999 aux accords de Minsk, qu'Angela Merkel, François Hollande et Petro Porochenko ont ouvertement reconnus comme étant des manœuvres cyniques pour gagner du temps et mieux armer Kiev.

Lavrov a souligné un point essentiel que les médias occidentaux occultent délibérément : dans l'histoire militaire, les cessez-le-feu ne précèdent pas les négociations. Ils sont la conséquence d'un règlement politique abouti.

Pendant la guerre du Vietnam, les diplomates américains et nord-vietnamiens ont négocié à Paris pendant des années alors que l'opération Linebacker et les offensives terrestres se poursuivaient à plein régime.

L'insistance de la troïka européenne sur la "condition préalable" à tout dialogue que serait le cessez-le-feu est un exemple flagrant de mauvaise foi : elle ne cherche pas une paix négociée, mais un répit opérationnel pour réapprovisionner les stocks ukrainiens épuisés et former de nouvelles recrues.

Pourquoi une armée détenant l'initiative opérationnelle totale dans tout le Donbass, avançant sur Dobropillya et démantelant méthodiquement le réseau électrique ukrainien, accepterait-elle de geler sa propre avancée ?

2. Entrée en scène du PDG : Ratcliffe et le commandement direct de Langley

L'événement décisif de fin septembre n'a pas été la venue mise en scène de Zelensky à Manhattan ; c'était sa rencontre à huis clos à Shannon et à Dublin avec le directeur de la CIA, John Ratcliffe.

Les déplacements de Ratcliffe révèlent que la voie diplomatique civile a été écartée.

Lorsque les magnats de l'immobilier Steve Witkoff et Jared Kushner sont allés à Moscou pour tenter de monnayer des "accords de paix" à coups de listes de concessions immobilières et de ressources, les responsables russes de la politique étrangère les ont traités de manière glaciale, les considérant comme de simples opportunistes sans envergure.

Voyant l'échec des négociations civiles, Ratcliffe est intervenu tel un dirigeant d'entreprise impérial prenant personnellement les rênes d'une filiale en difficulté :

  • Le camouflet de Moscou : le voyage inopiné de Ratcliffe à Moscou à bord d'un C-17 était loin d'être un simple échange de renseignements de routine. Ratcliffe s'est rendu dans la capitale russe pour exiger une audience avec Vladimir Poutine, dans le but de lui lancer un ultimatum : Acceptez un cessez-le-feu, ou nous lancerons des frappes longue portée sur vos aéroports nationaux. Le Kremlin a vu clair dans cette diplomatie de gangsters, a refusé de le laisser poser le pied dans le bureau de Poutine et l'a renvoyé à Washington les mains vides.
  • La réunion de Dublin : Ratcliffe a aussitôt intercepté Zelensky en Irlande. C'est là que le scénario de Bankova pour l'ONU a été peaufiné. Ratcliffe est le véritable architecte de la campagne ukrainienne de frappes en profondeur par drones. Ce sont le personnel technique de la CIA et les liaisons montantes Starlink qui coordonnent les trajectoires de vol vers Samara et Moscou. La réunion avait pour but d'aligner le chantage public de Bankova à New York sur les exigences opérationnelles de Langley [Ndt :siège de la CIA en Virginie, ville dortoir de Washington DC].
  • La fausse alerte de la "menace des drones" : quelques jours après la réunion de Dublin, le quotidien espagnol El Mundo a publié des fuites opportunes provenant des "services du renseignement américains", affirmant que Moscou se préparerait à lancer des frappes de drones embarqués contre l'Espagne, l'Italie et la France. Cette histoire n'est qu'une provocation orchestrée. Dans l'incapacité de rallier l'opinion publique européenne à la cause d'une hausse des impôts au profit de l'Ukraine, la CIA fait circuler des rumeurs d'attaques russes imminentes en Méditerranée pour effrayer les États d'Europe du Sud et les mettre au pas.
3. Le paradoxe de Moscou : pourquoi le Kremlin continue-t-il de protéger Washington ?

Lors de son discours devant le Conseil de sécurité de l'ONU, Sergueï Lavrov a dressé un bilan de la perfidie occidentale : il a cité Radosław Sikorski, est revenu sur le coup d'État de Maïdan en 2014, a détaillé les agissements subversifs de Victoria Nuland et a démantelé la troïka européenne.

Mais on constate que Lavrov s'est donné beaucoup de mal pour éviter de condamner directement les États-Unis et l'administration Trump.

Cette distinction rhétorique est de plus en plus indéfendable.
Dmitri Medvedev a exprimé le sentiment privé des Russes dans Vedomosti, admettant que son langage cinglant résulte de décennies à supporter l'arrogance intolérable des technocrates européens.

Pourtant, en concentrant ses attaques diplomatiques sur Bruxelles, Londres et Berlin, Moscou entretient un mythe diplomatique : l'idée que les vassaux européens sont les auteurs de cette guerre, tandis que Washington représenterait un potentiel "partenariat rationnel et mesuré".

Le calcul de Moscou est évident : les stratèges russes estiment que le maintien de canaux de communication ouverts avec la Maison Blanche et le Pentagone pourrait dissuader les Européens de se livrer à une provocation catastrophique.

Ils gardent l'espoir que des cerveaux plus lucides à Washington finiront par respecter les grandes lignes souveraines discutées à Anchorage en 2025.

C'est un calcul dangereux.

La classe politique européenne n'a aucune autonomie : elle fait ce que Langley lui dit de faire.

En présentant Friedrich Merz, Emmanuel Macron et Kaja Kallas comme les principaux instigateurs de ce conflit, Moscou permet au véritable cerveau de l'opération - l'État profond américain - d'échapper à une exposition publique trop directe.

L'alternative d'Anchorage : nommer le coupable

Le temps des fictions diplomatiques polies est révolu.

La Fédération de Russie n'a pas besoin de se prêter au petit jeu des Nations unies. Elle n'a pas besoin de s'attarder sur les fuites malveillantes de Marco Rubio sur le cessez-le-feu, ni d'écouter les ministres européens des Affaires étrangères débiter les arguments de la CIA à Manhattan.

La stratégie la plus efficace et la plus stabilisatrice que Moscou puisse adopter est une franchise absolue et sans fard :

  1. Nommer le coupable : déclarer publiquement ce que l'ensemble du Sud sait déjà : Il s'agit d'une guerre américaine, fomentée par la CIA, dirigée depuis Langley et menée par un mandataire à court d'hommes et de munitions.
  2. Mettre finaux faux processus de négociation : Informer la Maison Blanche que les canaux diplomatiques parallèles passant par des courtiers immobiliers et des chefs du renseignement proférant des menaces sont révolus. Les modalités ont été fixées à Anchorage : neutralité souveraine pour l'Ukraine, reconnaissance totale des nouveaux territoires russes et démantèlement des infrastructures de l'OTAN aux frontières de la Russie.
  3. La réalité de la dissuasion : rappeler à Washington que si l'armée américaine n'a pas pu rouvrir le détroit de Bab el-Mandeb ni intimider l'Iran dans le golfe Persique, imaginer qu'une puissance hégémonique dépassée et criblée de dettes puisse l'emporter face à la plus grande puissance militaire industrielle et nucléaire du monde relève de l'hallucination.

La situation devient critique dans le Donbass. Les lumières s'éteignent à Kiev.
L'expérience de la CIA avec ses mandataires s'effondre aux yeux du monde entier.
Les dirigeants européens peuvent bien crier au loup en Méditerranée ; leur panique ne fait que confirmer leur défaite.
Le monde souverain a fait le point sur l'empire, constaté sa faillite et s'emploie méthodiquement à briser son emprise sur le continent eurasien.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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