01/08/2026 reseauinternational.net  5min #321975

 Incendies : près de 98 000 hectares brûlés en France, un « record historique »

Bombarder d'eau les « feux zombies » de Gironde

par Candice van Eijk-Vacle

Dans le sol de certaines forêts de Gironde, il y a de la tourbe.

Dans la tourbe, il y a du gaz méthane.

Le gaz méthane est très inflammable.

De cette manière, le feu se propage par le sous-sol de la Terre.

C'est ce que l'on appelle les "feux zombies".

Ces feux en Gironde risquent de couver pendant "plusieurs mois" en sous-sol.

Ces feux risquent de créer des incendies à distance sans que l'on comprenne d'où ils viennent.

Ces feux risquent de brûler les arbres par les racines.

Voici un article de France 24 sur le sujet du 30 juillet 2026 : "Mégafeu en Gironde : en sous-sol, un"feu zombie"qui risque de couver plusieurs mois" :  france24.com

Espérons qu'il ne se crée pas ce genre d'incendie en Gironde dans le sous-sol du site militaire nucléaire CEA CESTA de Le Barp... (1), (2)

Faut-il bombarder d'eau les sols recouvrant les "feux zombies" pendant un mois au moins après l'extinction visible des incendies géants de surface pour les mouiller et les éteindre ?

"Les forêts de pins sont magnifiques, mais si elles poussent sur de la tourbe, le niveau de l'eau doit monter pour que la tourbe soit toujours immergée. Ainsi, un incendie de forêt est mieux maîtrisé et se propage moins vite et moins loin", écrit par mail (31/07/2026) Manfred van Eijk, réalisateur de documentaires scientifiques et historiques pour la télévision publique néerlandaise ayant réalisé plusieurs documentaires sur les feux de forêts dans le sud de l'Europe.

Pour prévenir ou arrêter les "feux zombies", il faut que la tourbe soit mouillée.

Pour bombarder d'eau la tourbe, il faut des pilotes et des avions. Des pilotes de Canadair français manquent d'avions. L'un d'eux dit : "Aujourd'hui, je suis d'astreinte, je suis censé pouvoir partir en trente minutes en cas d'alerte. Mais je n'ai pas d'avion. Je pense que cela illustre la situation. Les pilotes que je représente n'ont qu'une envie, c'est de monter dans les avions". (3)

Damien Desbordes et Quentin Ghesquière avaient alerté à ce sujet dans leur livre de 2025 S'adapter ou mourir - Coexister avec le changement climatique, 2025 page 122 :

"En 2024, le budget de la lutte contre les incendies a certes augmenté pour la première fois depuis au moins une décennie afin de commander des Canadair. Mais ces avions bombardiers d'eau présentent le défaut majeur de ne plus être fabriqués, faute de demande pendant plusieurs années et de lisibilité de la commande publique. Il faut donc repartir à zéro, ou presque, pour fabriquer un Canadair. Cela prend du temps, si bien que les premiers ne seront livrés qu'en 2030. Une situation d'autant plus inquiétante que les flottes de la sécurité civile sont déjà vieilles et que leur maintenance est coûteuse. En cas de mégafeu, ce qui va inévitablement se produire un jour ou l'autre, comment s'en sortira-t-on ? Pourrons-nous compter sur la solidarité nationale" ?

La France a besoin de l'aide de flottes internationales de Canadair, n'est-ce pas ? Il est vrai qu'il y a, actuellement, de nombreux feux en Europe dont des mégafeux. Ces flottes aériennes ont-elles été alertées ? Sont-elles toutes déjà occupées ou en vigilance ? J'ai alerté par mail des pompiers néerlandais le 27 juillet 2026. (4), (5)

C'est maintenant que les militaires pourraient être plus utiles en bombardant d'eau les incendies des forêts de Gironde. Cela peut-il être demandé à l'ONU ? Pourquoi pas ? Des militaires français aident déjà à éteindre ces incendies. Les milliers de pompiers et bénévoles ne vont pas tenir indéfiniment de tels fronts en Gironde, sans doute. Ils ont besoin d'être plus relayés, soutenus. Certains sont décédés en Gironde (6). Quel courage face à ces flammes géantes et dévorantes.

Les animaux ?

Les animaux des forêts de Gironde doivent nous "implorer" de l'aide. Nombreux doivent vouloir lécher leurs plaies et ne pas pouvoir le faire. Leurs paturons brûlés... Nombreux doivent vouloir protéger leurs petits et ne pas pouvoir le faire. Nombreux doivent vouloir fuir mais être piégés. Nombreux meurent vifs, brûlés, l'une des pires douleurs qui soit sur Terre. Il faut les aider aussi.

Sur le long terme, écrit Manfred van Eijk, "si tu veux aider les animaux, un apport d'eau supplémentaire peut être utile, mais une approche différente de la gestion forestière et de la nature est plus importante". "Toute monoculture engendre des problèmes. La forêt a besoin d'être diversifiée" avec "des forêts mixtes (hêtres, chênes [...]) qui brûlent moins vite, où l'humidité est mieux conservée".

 Candice van Eijk-Vacle

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