29/05/2026 dedefensa.org  16min #315432

 Sun Tzu, Mao et Thucydide: la stratégie de la Chine contre les États-Unis

La singularité confucéenne de la Chine

 Bloc-Notes  

"Sun Tzu, Mao et Thucydide

La singularité confucéenne de la Chine

• A l'aide de deux textures traitant la question du cas de la Chine de manière très différente, une tentative d'appréciation de la course future de la Chine après les visites significatives de Trump et de Poutine. • La Chine s'ancre dans sa puissance et devient de plus en plus dure, - avec douceur, dans sa manière, - vis-vis de l'"hégémon épuisé" américaniste. • Notre conclusion au travers de ces analyses est que la Chine est destinée, quoi qu'elle en veuille, à conduire avec la Russie le passage de la situation du monde à une "nouvelle singularité".

Avec deux textes, nous observons une sorte de situation sur la position et les perspectives de la Chine, considérées dans un environnement international crisique extraordinaire, entre deux "singularités" fondamentales. Le terme "singularité", utilisé notamment pour notre compte par le philosophe  Alexandre Douguine, est référencé par l'IA comme tout à fait "singulier" sans qu'on sache si cette définition a été poussée jusqu'à son terme réel par les interlocuteurs de l'IA dans cette occurrence ; lesquels, disons-nous pour ne rassurer personne, ont tout intérêt à ne rien entendre de la part de l'IA des choses qui iraient contre leurs propres convictions. Aussi s'en tiennent-il, dans la façon qu'ils rapportent cette définition, aux domaines qui les intéressent, où ils se jugent imbattables, - les domaines de la technologie et de la puissance qui va ave - et qui confirment leurs convictions idéologiques très progressistes et globalisantes. On comprend que ce n'est pas notre tasse de thé..

... Donc, "singularité" selon l'IA :

"Moment futur hypothétique où l'intelligence artificielle dépassera l'intelligence humaine, entraînant un progrès technologique exponentiel."

Les deux textes accompagnent l'évolution de la Chine par rapport aux deux autres grands acteurs du moment, la Russie et les États-Unis. Cet examen se situe au moment où Xi a reçu successivement le président Trump et le président Poutine. On voit que ces rencontres définissent un laps de temps où l'on trouve rassemblées les dynamiques en action dans une situation du monde en complet bouleversement. S'il n'est pas directement question de l'IA dans cette agitation, on sait qu'elle est partout présente, et notamment,  selon l'analyse de Douguine que nous suivons sans hésiter, selon des orientations ontologiques qui rejoignent les moments-clef de l'histoire du monde et de la destinée de l'humaine condition placée face à des défis fondamentaux.

Le choix de Xi, ou l'ami Poutine

Dans ce premier texte, Elena Fritz s'attache à comparer les perspectives des relations Chine-USA et des relations Chine-Russie. Selon l'expression pour faire vite, et rien de mieux que l'emprunt aux évolutions sportives pour cela : "Y a pas photo". Cela n'étonne personne puisque, comme à chaque occasion de rencontres de cette sorte depuis quelques années, les mêmes constats sortent renforcés. Il est vrai que "l'hégémon est épuisé", jusqu'à faire pitié à le voir continue à se ridiculiser avec ses gros sabots. La susdite pitié serait justifiée pour pardonner la façon vulgaire et vide de sens qu'ils suivent pour accompagner sa décadence.

Le texte de Friz est repris de  son fil Telegram, par l'intermédiaire habituel (traduction) d' 'euro-synergies.hautetfort.com' du  26 mai. Lr titre dit 'Russie et Chine: accord stratégique contre l'ordre unipolaire' et l'on se contentera, pour conclure l'affaire en raccourci, d'ajouter un préfixe à un des mots.

"Accord contre le désordre unipolaire 

"Les États-Unis ont tenté d'intégrer davantage la Chine dans une sorte de 'Grand Deux/G2' - un modèle qui rappelle d'anciennes propositions, celles d'une structure double américano-chinoise. Sous le nom de "Chinamerica", on décrivait autrefois la forte interdépendance économique entre les États-Unis et la Chine. Mais aujourd'hui, un tel modèle aurait une fonction différente: Washington cherche à faire entrer Pékin dans un ordre contrôlable.

"Pour la Chine, cela n'est que peu attrayant. En effet, un 'Grand Deux' américano-chinois ne signifierait guère une véritable égalité. Elle reviendrait plutôt à maintenir la Chine comme un acteur économiquement puissant, mais politiquement encadré, au sein d'un ordre mondial toujours dominé par les États-Unis.

" C'est là la différence essentielle avec la Russie.

"Moscou ne peut pas offrir à Pékin les mêmes possibilités économiques qu'a fournies l'Occident durant des décennies. La Russie ne dispose ni des marchés de consommation ni de l'architecture financière des États-Unis. Mais elle offre autre chose à la Chine: une profondeur stratégique, un poids militaire, des ressources naturelles, une sécurité énergétique, la dissuasion nucléaire, et la volonté politique de remettre en question ouvertement la prétention américaine au leadership mondial.

" De son côté, la Chine apporte sa puissance industrielle, sa masse économique, ses avancées technologiques et ses réseaux commerciaux mondiaux. La Russie complète cela par ses capacités en matière de sécurité et de stratégie géopolitique. C'est précisément cette combinaison qui rend la rapport entre ces deux pays si problématique pour Washington.

"Il ne s'agit pas d'une alliance classique à l'occidentale. La Russie et la Chine restent des acteurs souverains qui conservent leurs propres intérêts. Mais leurs intérêts se recoupent là où il s'agit de limiter la domination américaine.

" C'est pourquoi la visite d'une délégation russe de haut rang à Pékin dépasse la simple routine diplomatique: il s'agit d'un alignement sur la prochaine étape de la compétition pour l'ordre international: énergie, commerce, sécurité, sanctions, Ukraine, Taïwan, institutions mondiales et le rôle du Sud global.

"Le point crucial est le suivant:

" Les États-Unis tentent d'intégrer la Chine dans un ordre existant. La Russie offre à la Chine l'opportunité de transformer cet ordre de concert.

"Ainsi, les entretiens entre Poutine et Xi permettent de jauger la façon dont Moscou et Pékin se présenteront dans les mois à venir. Pour l'Europe, cela revêt une importance particulière. Plus la Russie et la Chine coordonnent étroitement leurs intérêts, plus le centre de gravité du pouvoir international se déplace de l'ordre unipolaire d'après-guerre vers une configuration multipolaire.

" Les résultats de ces discussions dépasseront probablement largement les questions bilatérales. Ils touchent à la question fondamentale des années à venir:

"L'hégémonie américaine restera-t-elle le cadre de référence de la politique mondiale - ou une contre-structure émergera-t-elle qui relativisera durablement cette prétention ?"

... Tout est dit car, vraiment, poser la question comme elle l'est en conclusion, c'est y répondre d'une façon qui ne fait que souligner la triste  tragédie-bouffe que subissent les États-Unis menés par le "roi-fou" que l'on sait. Adieu, Berthe...

Seules les racines nourrissent le printemps

Le deuxième article, s'il semble aborder la question des relations de la Chine avec les États-Unis, l'expédie finalement avec un portrait esquissée à gros traits de l'"hégémon épuisé". Suit alors une longue description des conceptions de la Chine, puisqu'il semble alors évident que la Chine, avec sa puissance, et avec l'indispensable et important ami Poutine à ses côtés, sera chargée d'imposer les us et coutumes de la "prochaine singularité", en même temps qu'elle accompagnera, par toutes les voies nécessaires, y compris guerrières s'il le faut, les derniers soubresauts de l'"hégémon épuisé".

Ainsi lisons-nous  un texte (par l'intermédiaire de ' euro-synergies.hautetfort.com' là encore) où Sun Tzun, Thucyride  déjà vu récemment, et Confucius, ont plus leur place que tous les "modernes" que l'on ne cesse de nous vanter. Oğul Tuna, jeune chercheur turc travaillant dans une université californienne, s'attache à montrer comment, selon lui, la Chine pourrait être amenée à jouer un rôle original et novateur, poussée en cela par la Russie, et rompant symboliquement avec son antique tradition d'auto-suffisance encore plus spirituelle que matérielle. Même Mao sera de la fête et l'Empire du Milieu aura la bonté de bien vouloir se pencher sur notre sort commun à tous..

"Sun Tzu, Mao et Thucydide

"...Pourtant, l'image créée par la posture des deux leaders - en particulier la communication contradictoire du côté américain - révélait autre chose: Trump et Xi ressemblent à des versions modernes de Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan, façonnés par les conditions politiques et sociales d'aujourd'hui. Xi, en particulier, a donné le ton de l'ère à venir avec des remarques rappelant la célèbre déclaration de Reagan: "M. Gorbatchev, détruisez ce mur!". L'hégémon est épuisée, la Chine façonne les conditions de la confrontation, et la rencontre entre les deux dirigeants a été moins une avancée qu'une pause.

"En utilisant l'expression créée par le spécialiste de la politique étrangère chinoise Hüseyin Korkmaz, même le voyage de"l'hégémon épuisé"vers Pékin portait une signification symbolique énorme. Les États-Unis restent puissants et peut-être toujours la force dominante dans le monde, mais ils ne peuvent plus gérer seuls les crises mondiales. Pour cette raison, Washington cherche un terrain d'entente avec la Chine afin de réduire ses charges.

" Cette position elle-même contient une contradiction. À l'image de Gorbatchev, Trump a d'abord tenté de renouveler et de purifier l'empire pour le préserver. Ses premières démarches en politique étrangère reflétaient une tendance isolationniste et un désir de se replier vers une stratégie continentale américaine. Après tout, la menace principale se trouvait dans le Pacifique, c'est-à-dire face à la Chine elle-même. Pourtant, à la surprise de nombreux bureaucrates, diplomates et experts en relations internationales, l'administration américaine s'est retrouvée plus profondément embourbée au Moyen-Orient que jamais auparavant, même en se préparant à se retirer de la région. Ainsi, alors qu'elle se préparait à la confrontation avec la Chine - le véritable "dernier boss" du jeu géopolitique - Washington s'est plutôt rendu à Pékin pour discuter de l'Iran, de Taïwan et des guerres technologiques.

"Tout au long de ce processus, Xi a agi de manière à rappeler Sun Tzu, le stratège chinois vieux de vingt-cinq siècles, et son principe selon lequel"le côté victorieux détermine les conditions de la victoire avant que la guerre ne commence". Le cadre était Pékin. Le rythme appartenait à Pékin. Les grands thèmes à l'agenda n'étaient plus uniquement dictés par Washington. Même avant le départ de Trump pour la Chine, les missions diplomatiques chinoises avaient affiché des slogans associés au principe premier de la Guerre froide, celui de la"coexistence pacifique", reflétant précisément cette atmosphère. Dans ce contexte, les images que Xi projetait en la présence de Trump - et le comportement exceptionnellement mesuré, poli et respectueux de Trump envers la Chine - portaient une signification à tous les niveaux.

" La Chine n'a pas laissé sans réponse les messages plus doux de Washington. Pourtant, derrière l'image amicale à Pékin se cachaient les réalités propres au détroit d'Ormouz, à la question de Taïwan, à des éléments tels les terres rares, à l'intelligence artificielle, à l'espionnage et aux conflits portant sur les chaînes d'approvisionnement. Ces enjeux montrent que la rivalité sino-américaine a évolué au-delà de la simple compétition militaire ou diplomatique pour devenir une lutte pour les systèmes d'infrastructure et de technologie eux-mêmes.

"L'attente principale de Trump vis-à-vis de Xi était sans doute d'obtenir une aide relative à l'Iran et la réouverture d'un espace de respiration pour l'économie mondiale. Cela a clairement révélé que les États-Unis ne peuvent plus résoudre toutes les crises seuls, surtout les crises susceptibles de produire des répercussions massives, comme celle d'Iran. Pourtant, la Chine ne souhaite pas agir en tant que"sous-traitant"des États-Unis ou d'un autre acteur. Pékin cherche plutôt à préserver son propre rôle de bâtisseur de l'ordre international.

" Le message le plus dur des discussions - celui que personne n'avait anticipé - est venu de Xi lui-même. Le leader du Parti communiste chinois, habituellement reconnu pour son ton calme, mesuré et constructif, a évoqué le concept du "piège de Thucydide", qui inspire des discussions dans d'innombrables articles et langues. Nommé d'après le stratège grec antique Thucydide, ce concept décrit le risque de guerre qui surgit lorsqu'une puissance montante commence à menacer un hégémon établi. Pourtant, lors du sommet Trump-Xi, cette phrase pointait moins vers une guerre inévitable que vers la question de savoir comment la compétition elle-même sera gérée. La Chine ne cherche ni une escalade immédiate ni une confrontation directe avec les États-Unis. Au contraire, Pékin souhaite mener cette rivalité à son propre rythme, dans un cadre où ses lignes rouges sont reconnues et où prévaut ce qu'il appelle une "stabilité stratégique constructive".

"Malgré son langage constructif, Pékin semble également adapter à notre temps la doctrine de la"guerre prolongée"développée par le fondateur de la République populaire de Chine, Mao Zedong. Cette doctrine, Xi souhaite l'appliquer aux conditions de notre époque. Là encore, la maxime de Sun Tzu selon laquelle"le suprême art de la guerre est de vaincre l'ennemi sans combat"a sa place : c'est elle qui sert à Xi de principe directeur. La Chine ne tente pas de vaincre les États-Unis par une confrontation militaire directe. Elle cherche plutôt à construire un environnement qui réduit progressivement la liberté de mouvement de l'Amérique - sur les plans des terres rares et de l'intelligence artificielle, dans des régions comme le Golfe Persique et la mer de Chine méridionale. L'insistance de Mao sur la lutte prolongée et sa volonté politique complètent cette stratégie. Du point de vue de la Chine, l'enjeu clé n'est pas de savoir si l'Amérique possède le pouvoir, mais combien de temps Washington pourra maintenir ce pouvoir simultanément en Iran, à Taïwan, dans la compétition technologique, et en politique intérieure.

" En ce sens, la stratégie de Xi ne consiste pas à défier ouvertement les États-Unis pour provoquer la guerre. Elle consiste plutôt à gagner tranquillement du terrain dans ces domaines qui approfondissent graduellement les problèmes de capacité, de volonté politique et de temps que doit affronter l'Amérique.

"Comme le suggèrent certains analystes, l'avertissement de Xi concernant le"piège de Thucydide"ne signifie pas que la Chine craint la guerre. L'avertissement montre plutôt le désir de la Chine d'inscrire la compétition dans un cadre à long terme, contrôlé et gérable, favorable à ses intérêts. Pendant ce temps, les cloches sonnent déjà pour Taïwan. Une seule petite étincelle là-bas cet automne pourrait plonger le monde entier dans les flammes.

" Quelle que soit la demande des États-Unis, la Chine ne cherche pas à mettre fin à la rivalité. Ce que Pékin désire, c'est une forme de compétition qui reste "mesurée", "gérable" et respectueuse des lignes rouges de la Chine. Les responsables chinois avertissent qu'une mauvaise gestion de la question de Taïwan pourrait mener à "un conflit voire à la guerre", tandis que de leur côté, les États-Unis insistent sur le fait que leur politique reste inchangée et tentent de maintenir un profil bas sur cette question. La remarque de Trump du 15 mai - "Vous savez, nous devons parcourir 9500 miles pour faire la guerre [à Taïwan]. Je ne cherche pas cela. Je veux qu'ils se refroidissent. Je veux que la Chine se refroidisse" - reflète précisément cette dynamique. Mais il faut aussi se rappeler la célèbre observation de Sun Tzu: "Toute guerre est basée sur la tromperie".

"En fin de compte, le sommet de Pékin n'a ni produit la paix ni la réconciliation, mais plutôt un nouvel ensemble de règles pour la compétition. La Chine ne considère pas l'évitement d'un affrontement direct comme une faiblesse. Elle cherche plutôt à utiliser le temps, la géographie et le rythme des crises à son avantage. La même logique s'applique bien sûr aux États-Unis. Pourtant, les réalités matérielles devant nous révèlent un"hégémon épuisé"confronté à une puissance montante qui pointe vers les blocus d'aujourd'hui et déclare implicitement:"Détruisez ces murs!"."

Dialogue de type-'Titanic'

Cet article sur la Chine est présenté en deux temps - Chine-Russie et Chine-USA - par des analyses très mesurées et sans éclat de style ou d'expressions. C'est souvent le contraire des nôtres, qui pensons en observateur extérieur, d'une part entre une IA offrant une "prochaine singularité", c'est-à-dire une nouvelle phase de l'organisation du Cosmos avec l'aide des dieux ; et d'autre part toutes les possibilités ouvertes de querelles et d'affrontement avec la singularité en place qui est complètement épuisée, jusqu'à la guerre avec les USA si nécessaire ajoute calmement XI.

La Chine, activée par son alliée russe qui voit grandir son influence à Pékin, a beau dire qu'elle ne travaille que pour Pékin, travaille en fait pour le bouleversement total de la situation du monde dans le cosmos, pour passer de l'actuelle singularité épuisée à la "prochaine singularité" ouvrant sur une vision bien au-delà de l'Apocalypse en se soumettant à un "Jugement dernier des philosophes" (Douguine) après une apocalypse philosophique.

La Chine qui fut toujours maîtresse d'elle-même et se suffisant à elle-même, est en train de passer à un stade paradoxal, où la voilà forcée d'entrer dans l'extraordinaire bouleversement de l'Apocalypse des philosophes et du Jugement dernier des philosophes. Constamment tenue à elle-même comme un Empire du Milieu indifférent au reste, elle se voit contrainte par des forces de l'Au-Delà d'entrer dans un jeu de transformation fulgurante de l'ordre du monde, voire de l'espèce humaine.

Les vœux de Xi pour une "stabilité stratégique constructive" sont raisonnables et compréhensibles mais ils ont de moins en moins de chances, sinon plus aucune chance du tout, de se réaliser ; ce sont des vœux pieux et vains d'un esprit attentif à la mesure et à la modération d'apparence. La puissante et immémoriale Chine est en train de rencontrer son maître qui la forcera hors de son isolationnisme que certains pourraient juger un tantinet prétentieux ! Son maître, mais ce sont les forces paisiblement déchaînées de l'En-Dehors, de l'Au-Delà, qui semblent avoir conclu qu'il faut désormais aller vers la "prochaine singularité", quel qu'en soient le prix et le reste, - et ayant choisi la Chine, de concert avec la Russie, pour activer et contrôler cette phase grandiose. Nous ignorons (j'ignore) si Dieu existe mais tout se passe comme s'Il, - Lui ou un autre d'ailleurs, - avait décidé que la fête est finie et que ka musque doit s'arrêter, - mieux, qu'elle s'est arrêtée.

Vous savez, c'est comme dans cette fameuse séquence du film ' Margin Call' (2011) où un jeune génie inconnu, venu de la NASA, présente des calculs qu'il a faits, qui annoncent l'effondrement des 'valeurs pourries' dont leur banque à tous est chargée, jusqu'à être comme une barque complètement pourrie attendant la tempête. C'est une analogie de l'effondrement de Wall Street, en septembre 2008, faillite de Lehman Brothers qu'on disait "too big to fall" en tête.... Le CEO de la banque (celle du film qui n'est pas complètement Lehman Brithers puis qu'elle survit), c'est l'impeccable et flegmatiquement-cynique Jeremy Irons. Dans la réunion d'urgence et de nuit, il se tourne vers le "jeune génie inconnu" (qui aura une promotion au milieu des ruines des ventes forcées de la pourriture) et lui parle de la "musique" qui fait marcher, rouler, danser, exulter et s'envoler les 'valeurs pourries', - et qui ne fait plus grand'chose désormais, non ? La musique qui semble s'arrêter, Grand Dieu du Ciel de Wall Street, qui va pousser à faire vendre en catastrophe pour sauver les meubles ! Un dialogue de type-'Titanic' :

- Vous voulez dire, jeune homme, que la musique est en train de s'arrêter ?

- Pas exactement, monsieur... Je veux dire que la musique s'est arrêtée.

Ainsi en est-il de la "singularité épuisée", qui ne danse plus ni ne s'envole. La Chine sait cela, comme elle sait ce sur quoi il faut se tourner pour, disons puisque le mot est à la mode, - se "ressourcer" ; il s'agit des choses profondes du passé, de Sun Tzu à Thrycide. Comme la Chine elle-même, ces choses ne défient pas le temps, elles s'accommodent du temps, l'apprivoisent et y puisent les valeurs pérennes qui ressemblent à l'éternité. La belle leçon mandarine que voilà..

Et notre conclusion sera une reprise de la dernière phrase de notre 'chapô en y ajoutant une réserve assez passionnante pourtout le monde':

"Notre conclusion est que la Chine est destinée, quoi qu'elle en veuille, à conduire avec la Russie, le passage de la situation du monde à une"nouvelle singularité", - sans savoir de quoi il s'agit."

Mis en ligne le 29 mai 2026 à 19H00

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