
par Patrick Reymond
L'opération éclair USA/Israël, patauge visiblement, avec une résistance iranienne aussi prévisible qu'imprévu par le pouvoir politique des deux pays, au moins, par une partie de ce pouvoir politique. On a dit que JD Vance était très réservé sur l'opération, sinon plus. Sans doute, fait-il partie des gens ayant encore un peu de bon sens.
Il ne reste aux agresseurs, puisqu'il faut bien parler d'agresseurs, que de mauvaises options. Attaquer des iles, les prendre ? On reste réservé sur la possibilité et surtout, de les tenir.
Pour le Hezbollah réputé fini, il reste combatif et apparemment, bien armé. En tous cas, bien mieux qu'une armée libanaise qui a l'habitude de se faire porter pâle quand il s'agit de le désarmer. Les militaires libanais sont visiblement des putains de surdoués, qui ne s'attaquent pas à une tâche impossible et suicidaire.
La preuve en est que Tsahal qui a tenté de le faire en 2006 s'en est mordu les doigts.
Alors, quelle est l'impact du blocage d'Ormuz ?
D'abord, une flambée des prix, en France, le gazole routier est passé d'environ 1.7 le litre à 2.2, soit 50 centimes de plus. Vu les budgets contraints, c'est trop important. L'essence a suivi la même trajectoire.
Mais les ruptures si elles sont spectaculaires sur la carte, sont finalement, pour l'instant, réduites, moins de 300 stations sur plus de 10 800. C'est encore véniel et surtout causé par un surstockage de personnes qui ont une certaine tendance à garder leur réservoir plein. Pour stocker réellement, il faudrait autre chose que quelques bidons.
Mais aussi il faut signaler une baisse marquée de la consommation non encore répertoriée par l'UFIP, qui donne des chiffres mensuels, et on parle de - 25% sur la consommation. Effet prix immédiat important, et troubles cognitifs sévères enregistrés chez les voyageurs impénitents qui partent tous les trois mois, devant les aléas des prochaines vacances, qui indique, une absence totale de vie sociale autre que de faire plus que le voisin en termes de voyages inutiles.
On comprend que Trump n'est pas le seul à vouloir montrer qu'il a la plus grosse. À un niveau moindre, il faut rendre jaloux le voisin question prestige.
Bon, la situation globale européenne est la suivante. On est en recul sur l'économie réelle depuis 2008, avec le recul des quantités d'énergie disponibles.
Seul 10% de la population de cadres déconnectés de la vie réelle et connectés sur l'économie internationale (encore en progression) ou financière, s'en sortent mieux, et bloquent toute évolution. Les 90% régressent et les responsables crient au loup depuis 1984 exactement. L'année aux élections européennes où le Front national dépassa les 10% (10.95% exactement, talonnant le parti communiste qui fit 11.20%).
Ces premières élections virent le loup sortir du bois, et depuis, il n'a cessé de grossir. Aujourd'hui, le loup sera premier au premier tour de la présidentielle, et le Rassemblement national est un enfant du pic pétrolier. on nous sort de la naphtaline qui gagnerait au second tour, l'ex-Premier ministre Edouard Philippe, qui serait élu grâce aux machines à voter. Chose vérifiée dans sa commune lors des dernières municipales.
Inutile de dire que le loup va encore grossir et avoir des dents encore plus aiguisées. L'augmentation du prix du carburant va encore l'énerver, en plus.
Cela donnerait du sport pour le prochain quinquennat avec un président très vite victime d'une carbonisation accélérée. Le renversement de la table sera d'autant plus violent. La poussée du rassemblement national observée au premier tour avec le nombre de municipalités acquises est passé de 13 à 61, chiffre très sous-estimé, parce que beaucoup des 35 000 communes n'avait qu'une liste, qu'une écrasante majorité est rurale, d'une France Rurale qui a voté massivement Rassemblement national aux dernières européennes souvent aux alentours de 40%. Donc, sans me tromper, en plus des RN avoués, il y a des légions de RN cachés, mais qui se manifesteront aux élections sénatoriales.
Reste que la crise au niveau européen est encore cachée, en dehors de ce que j'ai vu récemment. Des autoroutes vides en dehors des heures de pointes, de manière assez effrayante, j'étais seul, tel David Vincent. Mais j'ai pas vu de soucoupes, (volante ou pas). La circulation habituellement bordélique dans notre bonne ville du Puy en Velay était fluide et agréable. Les parkings des supermarchés clairsemés (ça tombe bien, un certain nombre, les plus gros, sont dans une spirale de la mort), et eux-mêmes, assez vides.
Bon, le nombre de faillite va progresser rapidement, mais ce n'est pas encore visible.
Les problèmes du reste du monde et notamment de l'Asie, qui avait beaucoup parié sur un partenaire fiable, le Qatar, et son gaz, sont dans une mouise noire, les stocks peu importants, et le gaz, difficilement stockable.
Pour ce qui est de l'approvisionnement en pétrole, le pire concerne l'Australie, qui importe beaucoup de carburant d'Asie. Nul doute en mon esprit que les pays qui habituellement leur en vendait leur apprendront comment s'en passer.
D'autant qu'avec une population très importante, le moindre problème risque de devenir très vite explosif, et si je ne m'abuse, même en période ordinaire, la population indienne bénéficie d'aides gouvernementales en très grand nombre. Problème si le gouvernement n'a plus les stocks pour l'approvisionner. On commencera par suspendre les exportations. Et le pays devra fonctionner comme les autres en mode dégradé.
La Russie et la Chine vont entrer en symbiose si profonde que l'empire de Gengis sera reconstitué.
En même temps, si la crise touche le dessalement de l'eau dans le golfe, l'Iran survivra (il n'en dépend qu'à 2%, mais d'autres vont tout bonnement disparaitre. Ils vont avoir un choix à faire. Perdre la totalité de leurs avoirs en dollars, ce qui arrangerait finalement les USA qui pourraient faire une banqueroute avouée ou mourir.
la piètre prestation séoudienne et des émirats contre Ansarallah n'incite pas à faire la guerre, ou plutôt à accentuer leur participation (aux termes de l'ONU, permettre une agression en laissant utiliser ses bases est un acte de guerre).
Comme je l'avais indiqué à Gail Tverberg dans un courrier, le monde connait son moment "France Juin 1940" où l'on passe d'une économie très intégré et largement dépendante du fossile, à une économie en mode dégradée et de survie, avec la moitié de l'approvisionnement charbonnier et plus que les stocks pour le pétrole.
source : La Chute