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La Sud-Africaine Caster Semenya célèbre sa victoire en finale du 800 m féminin au stade Carrara, lors des Jeux du Commonwealth de 2018 sur la Gold Coast australienne, le 13 avril 2018. [Photo d'archives]
La double championne olympique sud-africaine Caster Semenya a critiqué la décision du Comité international olympique de réintroduire des tests de vérification du sexe pour les Jeux de Los Angeles 2028. Une mesure présentée comme scientifique par l'instance, mais jugée discriminatoire par l'athlète.
La polémique autour des critères d'éligibilité dans le sport féminin rebondit à l'approche des Jeux olympiques de 2028. Caster Semenya, double championne olympique du 800 mètres, a vivement critiqué la décision du Comité international olympique de réintroduire des tests de féminité pour les athlètes féminines.
"C'est un manque de respect pour les femmes", a déclaré l'athlète sud-africaine, dénonçant une mesure qui obligerait les sportives à "prouver qu'elles sont dignes de participer".
Un virage controversé du CIO
Sous la présidence de Kirsty Coventry, le CIO a annoncé le 26 mars que seules les "femmes biologiques" seraient autorisées à concourir dans les épreuves féminines lors des Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
La nouvelle politique prévoit un test unique basé sur la détection du gène SRY, réalisé via un échantillon de salive, de sang ou un prélèvement buccal.
L'instance olympique affirme s'appuyer sur des critères scientifiques et invoque des impératifs d'équité et de sécurité dans les compétitions. "Même de faibles écarts peuvent faire la différence entre victoire et défaite", a justifié Kirsty Coventry.
Une mesure jugée discriminatoire
Pour Semenya, figure emblématique des athlètes hyperandrogènes, cette décision marque un retour en arrière. Elle rappelle que les tests chromosomiques avaient été abandonnés en 1999 après avoir été jugés inefficaces et contestés par la communauté scientifique. "Cela a échoué, c'est pour cela qu'ils avaient été supprimés", a-t-elle insisté, estimant que ces nouvelles règles risquent de stigmatiser particulièrement les femmes des pays du Sud.
Depuis son premier titre mondial en 2009, Semenya est au cœur d'un bras de fer avec l'institution "World Athletics" concernant les règles d'éligibilité liées au taux de testostérone. En 2025, elle a obtenu une victoire partielle devant la Cour européenne des droits de l'homme, qui a estimé que certains de ses droits n'avaient pas été respectés. Toutefois, cette décision n'a pas remis en cause les règlements qui l'empêchent de concourir sur sa distance de prédilection.
La décision du CIO intervient dans un contexte international tendu sur la question de la participation des athlètes transgenres et intersexes. Elle fait également écho à des positions politiques, notamment aux États-Unis, où Donald Trump a revendiqué un durcissement des règles.