20/03/2026 ssofidelis.substack.com  8min #308372

Exterminez tous ces civils !

Massacre de Kuta Re (Sumatra) en 1904

Par  Hans Vogel, le 18 mars 2026

En 2014, la région du Donbass a fait sécession de l'Ukraine. Immédiatement après que les deux régions de Donetsk et de Lougansk eurent déclaré leur indépendance, le régime fantoche américain fraîchement installé à Kiev a commencé à bombarder les villes du territoire séparatiste, tuant plus de 14 000 civils. En 2022, afin de mettre un terme à ce massacre incessant, la Fédération de Russie a lancé l'opération militaire spéciale (SMO), dirigée contre le gouvernement et les forces armées de l'Ukraine.

Aujourd'hui, ce conflit s'est mué en guerre par procuration à grande échelle opposant la Russie (soutenue par la Chine et la Corée du Nord) à l'Ukraine, aux États-Unis et à leurs vassaux de l'OTAN. Des milliers de soldats de l'OTAN se faisant passer pour des volontaires, des milliers de mercenaires venus d'aussi loin que l'Amérique du Sud, ainsi qu'un nombre indéterminé de fanatiques islamistes du Proche-Orient ont combattu dans l'armée ukrainienne. Les civils du Donbass sont sous le feu des combats depuis maintenant 12 ans, et la fin de leur calvaire n'est pas encore en vue.

Le 7 octobre 2023, Israël a orchestré une attaque massive contre lui-même, faisant croire que le Hamas (fondé et financé par Israël) avait agi de son propre chef. Ce coup monté a ensuite fourni à Israël le prétexte pour lancer une opération de destruction massive et systématique de la bande de Gaza densément peuplée, tuant des dizaines de milliers de civils innocents, les prenant souvent spécifiquement pour cible, avec une apparente prédilection pour les enfants, les femmes, les anciens et les personnes hospitalisées. Le nombre réel de victimes reste inconnu et aucun chiffre officiel n'a encore été établi, sans parler d'une protection contre toute remise en cause par une législation spéciale.

Après avoir brièvement attaqué l'Iran durant l'été 2025, Israël et les États-Unis ont repris, le 28 février 2026, leur campagne de destruction de ce qui est en réalité l'une des plus anciennes civilisations du monde. Ces deux États hors-la-loi ont frappé de nombreuses cibles civiles, tuant des milliers de personnes, notamment dans une école de filles, des zones résidentielles et des hôpitaux. L'Iran ayant riposté par des frappes de précision épargnant les civils, il est désormais plus qu'évident qu'Israël et les États-Unis n'ont aucun scrupule à tuer des civils. Bien que les États-Unis prétendent respecter des règles de combat épargnant la population civile, ce n'est manifestement pas le cas. Israël ne fait même pas de telles déclarations, affirmant au contraire qu'il a le droit de tuer qui bon lui semble, simplement parce que les Juifs seraient "le peuple élu de Dieu".

Les événements récents en Ukraine et au Proche-Orient ne sont que les derniers d'une longue liste d'attaques contre des civils lors de conflits armés. Pendant la Seconde Guerre mondiale, quelque quatre-vingts millions de personnes ont été tuées, dont la grande majorité étaient des civils. Entre 1945 et 2014, ce sont les civils qui ont payé le plus lourd tribut, à une échelle bien plus vaste que les soldats, les combattants, les militaires ou toute autre appellation que l'on voudra bien leur donner. En revanche, la Première Guerre mondiale a fait plus de victimes parmi les soldats que parmi les civils.

En réalité, telle était la norme en Europe et en Amérique du Nord, au moins depuis la paix de Westphalie en 1648. Ce traité a mis fin à la guerre de Trente Ans, qui a entraîné des massacres de civils. À l'exception notable de la guerre d'Espagne (1808-1813), les conflits armés qui ont suivi entre États d'Europe et d'Amérique du Nord ont systématiquement fait plus de victimes parmi les soldats que parmi les civils. Cette tendance, associée à un intérêt accru des femmes pour la politique (phénomène également dû à l'essor des classes dites moyennes), a donné naissance à ce que l'on pourrait appeler un mouvement international pour la paix. Sa figure de proue la plus connue était Bertha von Suttner, dont le livre Die Waffen nieder!/bas les armes! (1889) est devenu un best-seller international. D'autres auteurs, tels que Karl von Stengel (Der ewige Friede/La paix éternelle, 1899) et Eugen Schlief (Der Friede in Europa/La paix en Europe, 1892), ont également connu un grand succès. Même les sionistes de la première heure (Johann von Bloch, The War of the Future/La guerre du futur, publié en Russie dans les années 1890) et les fascistes des débuts (Filippo Carli, Il fondamento razionale del dovere degli stati di abolire la guerra/Le fondement rationnel du devoir des États d'abolir la guerre, 1900) se sont joints au chœur pacifiste.

Une autre raison de l'essor de ce que l'on pourrait même appeler un mouvement anti-guerre a peut-être été le constat, à la lumière de certaines guerres coloniales, que les civils sont extrêmement vulnérables. Pendant la guerre d'indépendance de Cuba, plus de 300 000 civils ont été tués, dont beaucoup parce que parqués dans des camps de concentration. La seconde guerre des Boers s'est également avérée bien plus meurtrière pour les civils que pour les soldats. La guerre coloniale néerlandaise dans le nord de Sumatra (la guerre d'Aceh, 1873-1913, voir la photo ci-dessus du massacre de Kuta Re en 1904) s'est également soldée par un bilan particulièrement lourd pour les civils, dont 100 000 ont été tués. Un certain nombre de nouvelles inventions techniques (aéronefs, explosifs, balistique) ont ouvert la voie à des armes toujours plus meurtrières.

C'est ce qui a incité l'empereur russe Nicolas II à convoquer la première Conférence internationale de la paix qui s'est tenue à La Haye en 1899. Lors d'une deuxième rencontre en 1907, les résolutions de la première réunion ont été affinées et précisées. Les États les plus influents du monde ont participé aux discussions, et la plupart ont signé les déclarations adoptées. Parmi les participants figuraient les huit grandes puissances (Allemagne, France, Angleterre, Russie, Autriche-Hongrie. l'Italie, les États-Unis, le Japon), des puissances régionales (Chine, Turquie, Perse, Siam, Mexique), des puissances européennes plus modestes (Espagne, Portugal, Pays-Bas, Belgique, Suède-Norvège, Danemark, Grèce, Roumanie, Serbie, Bulgarie, Suisse) et quelques petits États (Luxembourg, Monténégro). Les seuls pays indépendants absents étaient ceux d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud.

Parmi les accords les plus importants conclus à La Haye figuraient ceux relatifs aux règles de combat et au traitement des civils. Il s'agit notamment des suivants :

Article 23

Outre les interdictions prévues par des conventions spéciales, il est notamment interdit :

  • d'employer du gaz toxique ou des armes empoisonnées
  • de tuer ou de blesser par traîtrise des individus appartenant à la nation ou à l'armée ennemie
  • de tuer ou blesser un ennemi qui, ayant déposé les armes ou n'ayant plus de moyens de défense, s'est rendu sans condition
  • d'employer des armes, des projectiles ou des matériaux de nature à causer des blessures évitables
  • de faire un usage abusif du drapeau blanc, du drapeau national ou des insignes militaires et de l'uniforme de l'ennemi, ainsi que des insignes distinctifs de la Convention de Genève
  • de détruire ou saisir les biens de l'ennemi, à moins que cette destruction ou cette saisie ne soit impérativement exigée par les nécessités de la guerre.

Article 25

L'attaque ou le bombardement de villes, villages, habitations ou bâtiments sans défense est interdit.

Article 26

Le commandant d'une force attaquante, avant de lancer un bombardement, sauf en cas d'assaut, doit faire tout son possible pour avertir les autorités.

Article 27

Lors des sièges et des bombardements, toutes les mesures nécessaires doivent être prises pour épargner autant que possible les lieux consacrés à la religion, l'art, les sciences et la charité, les hôpitaux et les lieux où sont rassemblés les malades et les blessés, à condition qu'ils ne soient pas utilisés en même temps à des fins militaires.

Les assiégés doivent signaler ces bâtiments ou lieux par des signes particuliers et visibles, qui doivent être préalablement notifiés aux assaillants.

Article 28

Le pillage d'une ville ou d'un lieu, même pris d'assaut, est interdit.

Bien que le Tribunal de Nuremberg de 1946 n'ait été qu'une parodie de justice et un simple tribunal fantoche, il faut admettre qu'il est resté largement fidèle à l'esprit des Conventions de La Haye.

Le comportement des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale (notamment le bombardement de villes en Europe et au Japon), ainsi que pendant la guerre du Vietnam, contrevient de manière flagrante aux conventions adoptées en 1899 et 1907. Il n'est pas surprenant d'apprendre qu'aujourd'hui, les civils iraniens sont traités de manière aussi ignominieuse par les États-Unis que l'ont été les civils allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

Rien de surprenant non plus d'apprendre qu'Israël n'a aucun respect pour les règles de la guerre, et que le traitement réservé aux civils pendant la guerre actuelle à Gaza, en Iran et au Liban est indigne d'un État se considérant décent et civilisé.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la propagande alliée a présenté le conflit comme une lutte entre la civilisation et la barbarie. Cette affirmation était évidemment absurde. Cependant, les guerres actuelles au Proche-Orient et en Ukraine sont bien des guerres entre les défenseurs de la civilisation (Russie, Iran) et des hordes de barbares obsédés et fanatiques, sous la direction de parrains mafieux.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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