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Frappe israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth
Israël frappe près du palais présidentiel pour accentuer la pression sur l'État libanais. Les bombardements se multiplient, faisant plusieurs victimes civiles. Les ordres d'évacuation au Sud renforcent la crainte d'une offensive terrestre prolongée et ont entraîné des dizaines de milliers de réfugiés.
En frappant à l'aube la région de Baabda, à moins de deux kilomètres du palais présidentiel libanais, l'armée israélienne a franchi un seuil. Le bombardement, qui a visé l'hôtel Comfort dans le quartier résidentiel de Brasilia sans avertissement préalable, constituerait, selon certains analystes, un message clair : pousser les autorités libanaises à agir contre le Hezbollah.
En ciblant une zone aussi proche du cœur institutionnel du pays, Israël chercherait à mettre le gouvernement en porte-à-faux, en soulignant son incapacité à contenir l'influence militaire du mouvement chiite. Aucun bilan officiel n'était disponible dans l'immédiat pour cette frappe inédite dans ce secteur sensible.
Quelques heures plus tôt, à 3h10, une attaque aérienne avait entièrement détruit un immeuble résidentiel de quatre étages dans le nord de Baalbeck. Selon l'agence officielle Ani, cinq personnes ont été tuées, quinze blessées et trois autres restent portées disparues sous les décombres. Un premier bilan faisait état de quatre morts, avant d'être révisé à la hausse.
Vers une occupation du Sud-Liban
La nuit du 3 au 4 mars a été particulièrement meurtrière à travers le pays. Des bombardements ont touché Baabda, le Chouf, la région d'Aley, Baalbeck et plusieurs secteurs du Sud-Liban, faisant au moins douze morts selon les premiers chiffres disponibles.
Parallèlement, l'armée israélienne, qui a annoncé un déploiement terrestre en territoire libanais, a ordonné l'évacuation immédiate de seize localités du Sud. Depuis le début de l'offensive, des dizaines de villages ont reçu des appels similaires, laissant craindre une progression au sol et l'installation d'une zone de contrôle israélienne.
Cette dynamique alimente la perspective d'une escalade durable et d'un déplacement massif de populations. Près de 60 000 Libanais ont déjà fui les zones de bombardements.