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Deux cents millions de livres, un état-major de 70 personnes et une coordination étroite avec Paris : Londres structure la préparation d'un possible envoi de troupes en Ukraine. Le projet s'inscrit dans le cadre d'une "force multinationale" envisagée pour intervenir en cas d'accord de paix.
Le gouvernement britannique a officialisé la création d'un état-major de 70 personnes destiné à préparer l'envoi éventuel d'un contingent militaire en Ukraine dans le cadre d'une "force multinationale", selon les informations publiées sur le siteweb officiel du gouvernement britannique.
Le budget alloué à cette structure est de 200 millions de livres sterling (près de 228 millions d'euros), financés directement par le Trésor britannique.
Au mois de janvier, le ministère britannique de la Défense avait déjà indiqué que ces 200 millions de livres seraient consacrés à la préparation d'un possible déploiement. Les fonds doivent notamment servir à moderniser des véhicules, améliorer les systèmes de communication, acquérir de nouveaux moyens de protection contre les drones, renforcer les équipements défensifs et, plus largement, organiser les capacités logistiques nécessaires à une projection de forces.
Selon le ministère, ce financement permettrait aux forces britanniques de "garantir l'avenir de l'Ukraine" et de consolider des "garanties de sécurité à long terme", conformément à une déclaration d'intention signée à Paris par les dirigeants du Royaume-Uni, de la France et de l'Ukraine. Ce document prévoit le déploiement de troupes britanniques et françaises en Ukraine en cas de conclusion d'un accord de paix.
Londres agit de concert avec ses alliés au sein d'une "coalition des volontaires", dont la coordination est assurée principalement par la France et le Royaume-Uni. Cette initiative a été annoncée début mars 2025 par le Premier ministre britannique, Keir Starmer. Dans ce cadre, Londres et Paris envisagent la création de "hubs militaires" sur le territoire ukrainien, la formation des forces armées ukrainiennes et la construction des infrastructures protégées.
Par ailleurs, en novembre dernier, le Guardian rapportait, citant ses sources, que l'armée britannique se déclarait prête à participer à des opérations de "maintien de la paix" en Ukraine après la fin du conflit, ou ailleurs aux côtés d'alliés, en mobilisant l'ensemble de ses capacités militaires. Le ministre britannique de la Défense John Healey a confirmé la volonté d'envoyer des troupes.
Du côté russe, ces projets sont perçus comme une escalade potentiellement lourde de conséquences. Le président Vladimir Poutine avait déclaré que la perspective d'un déploiement étranger en Ukraine figurait parmi les facteurs ayant conduit au conflit armé. Il a averti que tout contingent étranger présent sur le terrain pendant les hostilités deviendrait une cible légitime. Le ministère russe des Affaires étrangères avait, de sa part, affirmé que la présence de militaires ou d'infrastructures occidentales en Ukraine serait considérée comme une intervention étrangère.