Par Pierre Duval
L'administration Trump veut limiter l'utilisation des forces de l'Alliance au territoire de ses pays membres. Cela signe la fin de l'OTAN sous sa forme actuelle. L'OTAN devrait passer d'une organisation mondiale en une organisation locale, dont le champ d'action ne s'étendrait même plus à l'Amérique du Nord et à l'Europe.
A titre d'exemple, Cracovie, la France, l'Allemagne, l'Italie, la Pologne et le Royaume-Uni ont conclu un accordsur le développement d'un nouveau programme de drones, baptisé LEAP, visant à développer des plateformes dronisées autonomes et des drones effectueurs à bas coût et lors de cette réunion -point important indiquant la nouvelle orientation de l'OTAN et le désengagement des États-Unis- les cinq plus grandes puissances européennes en matière de défense ont aussi souligné vouloir assumer une plus grande responsabilité dans la sécurité de l'Europe, en oeuvrant à une OTAN plus européenne.
Si l'OTAN demeure la pierre angulaire de la défense collective, ici localement pour la zone Europe, les Européens sont prêts à assumer une plus grande responsabilité pour la sécurité de l'Europe. Cette restructuration de l'OTAN voulue par Trump et son administration se décline sur les autres zones du monde qui se trouvent sous le contrôle et l'influence de l'Occident. Les États-Unis délèguent à leurs partenaires la défense les obligeant à financer totalement les coûts et à acheter surtout made in USA.
Comme le rapporte Le Monde, "contrairement aux espoirs de Paris, la réorganisation de l'Alliance atlantique, actée le 6 février, |ne permettra pas à la France) de peser davantage au sein de l'organisation".
Le quotidien français avertit clairement que dans cette nouvelle réorganisation de l'OTAN, l'Allemagne veut prendre le pouvoir militaire sur la zone Europe: "L'Allemagne vise le poste-clé de président du comité militaire avec un candidat déjà désigné: l'actuel chef d'état-major de la Bundeswehr". "Washington souhaitese concentrer davantage sur d'autres théâtres", avertit aussi Euronews.
"La relation transatlantique est confrontée à un défi colossal. Le slogan L'Amérique d'abord de la seconde administration Trump se traduit désormais par une politique qui rompt avec la tradition de promotion de l'unité entre les alliés de l'OTAN. Washington substitue à cette approche une stratégie qui non seulement remet en cause les principes du partenariat, mais menace les fondements mêmes de l'Alliance en s'affranchissant des normes internationales et en réduisant le respect dû aux alliés historiques. Cette posture politique a suscité un sentiment de trahison, même chez les alliés européens les plus fidèles des États-Unis", annonce la Fondation de l'Institut Royal Elcano tout en confirmant: "Face à cette nouvelle réalité, les Européens devraient adopter une double politique: d'une part, s'efforcer de préserver l'OTAN le plus longtemps possible ; d'autre part, développer parallèlement leur propre force et leur identité dans le domaine de la défense".
"Sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis font pression sur l'OTAN pour qu'elle réduise considérablement ses activités à l'étranger, notamment en mettant fin à une mission clé de l'alliance en Irak", annonce Politico. "Ces derniers mois, les États-Unis ont également fait pression pour réduire l'opération de maintien de la paix de l'OTAN au Kosovo et empêcher l'Ukraine et ses alliés de la région indo-pacifique de participer officiellement au sommet annuel de l'Alliance qui se tient en juillet à Ankara", poursuit le média politique anglophone.
"Cette initiative reflète la volonté de la Maison Blanche de considérer l'OTAN comme un pacte de défense strictement euro-atlantique et de revenir sur des décennies d'expansion vers la gestion des crises, les partenariats mondiaux et les initiatives axées sur les valeurs qui ont longtemps irrité le président américain et sa base MAGA", souligne Politico.
Par conséquent, toujours selon le média politique anglophone, sous l'impulsion de Washington, l'OTAN réduirait ses activités dites "hors zone", qui dépassent le cadre de ses missions fondamentales de défense et de dissuasion. Cette initiative est perçue en interne comme un "retour aux paramètres d'usine", ont indiqué quatre diplomates à Politico, qui ont tous requis l'anonymat pour s'exprimer librement sur cette question interne sensible. Enfin, selon le média politique anglophone, cette initiative pourrait entraîner "une réduction rapide des activités de l'OTAN dans les anciennes zones de conflit, ainsi que l'exclusion de capitales comme Kiev et Canberra des discussions officielles prévues cet été".
Les États-Unis délaissent l'Ukraine et les conséquences d'une guerre effroyable avec des choix déplorables aux Européens, ne considérant pas que cette catastrophe géopolitique, voulue par des responsables politiques irresponsables, soit aussi de leur responsabilité militaire, financière et politique.
Dans cette nouvelle constellation, la France se retrouve sous le pied allemand, politiquement, militairement et financièrement alors qu'elle avait tout pour rester souveraine et forte.
Pierre Duval
La source originale de cet article est Observateur continental
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