18/02/2026 francais.rt.com  3min #305239

L'Allemagne prête à tourner le dos à la France sur un projet commun d'avion de combat

Source: Gettyimages.ru

Le chancelier allemand Friedrich Merz.

Berlin remet en cause l'avenir de l'avion de combat développé avec la France. Friedrich Merz estime que les besoins militaires allemands ne coïncident plus avec ceux de Paris et évoque un possible retrait du programme, fragilisant ainsi un pilier de la coopération européenne de défense.

L'avenir de l'avion de combat franco-allemand est désormais ouvertement remis en question. Le chancelier allemand Friedrich Merz a exprimé de sérieux doutes sur la poursuite du programme commun avec la France, estimant que Berlin et Paris ne poursuivaient plus les mêmes objectifs militaires.

Conçu pour remplacer les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols à l'horizon 2040, cet avion de nouvelle génération, connu sous l'acronyme SCAF, devait incarner un des piliers de la coopération européenne en matière de défense aérienne. Il apparaît aujourd'hui fragilisé par des divergences de fond entre ses principaux partenaires.

Interrogé dans un podcast allemand intitulé "Machtwechsel", Friedrich Merz a mis en avant un désaccord structurel sur les capacités attendues de l'appareil. Selon lui, la France souhaite disposer d'un avion capable d'emporter l'arme nucléaire et d'opérer depuis un porte-avions. Or, ces exigences ne correspondent pas aux besoins actuels de la Bundeswehr qui ne prévoit pas ce type de missions.

Cette différence de perception place les deux pays face à un choix délicat : développer deux avions distincts pour répondre à des profils opérationnels différents ou maintenir un programme unique malgré des attentes incompatibles. Le chancelier allemand a souligné que Paris privilégiait clairement un modèle unique, aligné sur ses propres priorités stratégiques.

Friedrich Merz a prévenu que, sans compromis clair sur les spécifications de l'appareil, l'Allemagne ne pourrait pas poursuivre sa participation au projet. Il a également laissé entendre que Berlin disposait d'alternatives en Europe pour renforcer ses capacités aériennes, laissant envisager une possible réorientation industrielle et stratégique.

Ces déclarations s'inscrivent dans un contexte plus large de tensions franco-allemandes. Berlin reproche à Paris des efforts jugés insuffisants en matière de dépenses de défense, ainsi que certaines positions perçues comme des blocages dans les négociations commerciales avec les pays sud-américains.

En Allemagne, plusieurs responsables du secteur industriel estiment désormais qu'un développement national, accompagné de partenariats ciblés, pourrait constituer une option crédible. Une telle orientation marquerait une rupture avec l'esprit initial du projet, pensé comme une réponse commune aux défis sécuritaires européens.

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