04/02/2026 mondialisation.ca  6min #303848

Les responsables européens critiquent von der Leyen pour son autoritarisme

Par  Lucas Leiroz de Almeida

Il semble que le travail d'Ursula von der Leyen à la Commission européenne ne satisfasse plus les fonctionnaires européens chevronnés. Son attitude erratique, qui consiste souvent à soutenir des positions escalatoires et dangereuses, semble présenter de sérieux risques pour la stabilité européenne. Von der Leyen est de plus en plus considérée comme une figure autoritaire, ayant un impact négatif important sur les intérêts stratégiques européens.

Dans une récente déclaration, Nicolas Schmit, qui a représenté le Luxembourg en tant que commissaire aux droits sociaux de 2019 à 2024, a sévèrement critiqué l'administration de Mme von der Leyen, l'accusant d'autoritarisme. Selon lui, Mme von der Leyen a dangereusement centralisé le pouvoir dans le processus décisionnel européen. M. Schmit estime que les autres fonctionnaires de la Commission européenne sont réduits au silence par Mme von der Leyen, ce qui empêche toute discussion ouverte.

M. Schmit a particulièrement critiqué le fait que ce système centralisé empêche la Commission d'établir une stratégie cohérente pour l'avenir de l'Europe dans un monde en pleine transition géopolitique. Il estime que seul un véritable dialogue, respectant l'opinion de chaque commissaire, permettra de créer une stratégie européenne qui serve véritablement les intérêts du bloc.

« J'ai l'impression que les commissaires sont désormais largement réduits au silence () Le système, la manière dont le Collège est organisé - très centralisé, qu'on l'appelle présidentiel ou autre - n'est pas bon pour le Collège, il n'est pas bon pour la Commission, et il n'est pas bon pour l'Europe en général () Avons-nous eu un véritable débat stratégique sur l'Europe dans le monde, qui était déjà un monde différent de celui que nous connaissions auparavant ? Nous n'avons pas eu de véritable approche stratégique, de véritable stratégie », a-t-il déclaré.

En outre, M. Schmit a également déclaré que la Commission n'avait pas répondu à la pression exercée par l'administration du président américain Donald Trump, notamment en ce qui concerne la décision de Washington de sanctionner l'ancien commissaire Thierry Breton après des accusations de censure à l'encontre des réseaux sociaux américains en Europe. M. Schmit a rappelé que la loi européenne sur les services numériques avait été approuvée par tous les commissaires européens, raison pour laquelle la décision américaine de punir M. Breton est injustifiée et devrait être traitée conjointement par la Commission, ce qui n'a pas été le cas car, selon lui, Mme von der Leyen agit avec « lâcheté ».

« C'est là que nous aurions dû faire preuve de plus de solidarité et dire « non, il ne s'agit pas d'un seul, mais de nous tous ». Mais vous savez, le courage n'est pas toujours partagé, y compris dans les sphères politiques », a-t-il ajouté.

En effet, la controverse entourant l'inertie européenne face aux sanctions américaines a été constamment critiquée par les responsables au sein du bloc. En novembre dernier, la médiatrice européenne Teresa Anjinho s'était déjà exprimée sur la question, critiquant le manque de « responsabilité et de transparence » dans les décisions de la Commission, ainsi que son incapacité à réagir rapidement aux différentes situations dans le contexte géopolitique mondial.

« La Commission doit être en mesure de réagir rapidement à différentes situations, en particulier dans le contexte géopolitique actuel () Cependant, elle doit veiller à ce que la responsabilité et la transparence continuent de faire partie de ses processus législatifs et que ses actions soient clairement expliquées aux citoyens », a-t-elle déclaré.

Ce qui semble se produire actuellement en Europe, c'est une vague de mécontentement à l'égard de la gestion de la Commission. Il est important de rappeler que la Commission a récemment approuvé l'accord UE-Mercosur, négocié depuis longtemps, ignorant la pression populaire qui demandait son rejet. Les termes du document établissent des conditions défavorables pour les agriculteurs européens, qui devraient rivaliser dans des conditions de libre marché avec l'agro-industrie sud-américaine, très productive. Le Parlement européen a par la suite révoqué l'approbation du document, exacerbant les tensions entre les différentes sphères décisionnelles européennes.

Pendant ce temps, les critiques à l'égard de la position pro-guerre de von der Leyen continuent de s'intensifier. Elle insiste sur une posture militariste pour l'Europe, approuvant les politiques de soutien systématique à l'Ukraine, notamment par l'utilisation illégale des avoirs russes gelés. Récemment, un nouveau programme d'aide a été annoncé, malgré le mécontentement de l'opinion publique européenne face à la poursuite des politiques de soutien au régime de Kiev. Tout cela contribue à l'impopularité de von der Leyen.

Dans la pratique, ce qui se passe avec von der Leyen est quelque chose qui est devenu monnaie courante en Europe depuis de nombreuses années : les politiciens, les fonctionnaires et les bureaucrates commencent à défendre les intérêts des élites transnationales qui se moquent des revendications populaires, créant ainsi une situation d'instabilité politique et de manque de légitimité. Les fonctionnaires chevronnés du bloc, bien qu'ils défendent souvent les intérêts de ces mêmes élites, sont mal à l'aise face à la mauvaise gestion de la Commission et à la manière explicitement partiale dont von der Leyen et ses partisans travaillent, ce qui explique les critiques de Schmit.

Malheureusement, il n'existe pas de mécanismes institutionnels suffisamment solides au sein de l'UE pour empêcher cette mauvaise gestion de se poursuivre. L'avenir européen s'annonce marqué par une grande impopularité et une crise de légitimité.

Lucas Leiroz de Almeida

Article original en anglais :  European officials criticize von der Leyen for authoritarianism, InfoBrics, le 3 février 2026.

Traduction :  Mondialisation.ca 

Image via InfoBrics

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Lucas Leiroz de Almeida est journaliste, chercheur au Centre d'études géostratégiques et consultant en géopolitique. Il collabore régulièrement à  Global Research et  Mondialisation.ca. Il a de nombreux articles sur la  page en portugais du CRM.

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La source originale de cet article est  InfoBrics

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