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Viande boucanée au grill. [Photo d'illustration]
En France, un rapport parlementaire publié le 28 janvier alerte sur les risques de l'hexane, un solvant neurotoxique dérivé du pétrole, utilisé dans l'extraction d'huiles végétales. Les députés dénoncent une réglementation européenne défaillante et plaident pour plus de transparence et des alternatives.
Un rapport parlementaire, corédigé par les députés Richard Ramos (MoDem) et Julien Gabarron (RN), met en lumière la présence résiduelle de l'hexane dans des produits quotidiens comme les huiles, la viande, les œufs et le beurre. Le document souligne par ailleurs le rôle d'une réglementation européenne « lacunaire et obsolète », qui expose les Français à un neurotoxique avéré.
Selon le rapport, l'hexane, classé comme toxique par inhalation par l'Agence européenne des produits chimiques (Echa) et suspecté de contribuer à des maladies comme la maladie de Parkinson, est employé depuis près d'un siècle pour optimiser l'extraction d'huiles d'oléagineux tels que le colza, le tournesol ou le soja. Bien qu'éliminé à plus de 99,9 % lors du processus, des résidus persistent, passant même dans l'alimentation animale et, par ricochet, dans les produits d'origine animale.
🔴 L'incidence économique de l'utilisation d'hydrocarbures dans la production d'huiles alimentaires🔎 Suivez la présentation des conclusions de la mission flash par Julien Gabarron ( @JulienGabarron) et Richard Ramos, co-rapporteurs #DirectAN t.co
- Assemblée nationale (@AssembleeNat) January 28, 2026
« Notre constat principal, c'est que l'hexane est un produit dangereux », a déclaré Richard Ramos, insistant sur la nécessité d'informer les consommateurs via un étiquetage obligatoire sur les huiles et les matières premières pour le bétail. Le rapport propose également une taxe sur la production et l'importation d'hexane, ainsi qu'un plan d'investissement pour développer des alternatives comme le 2-méthyloxolane, un solvant végétal proposé par la start-up française EcoXtract, avec un surcoût estimé à 5 % sur les produits finis.
Cette alerte fait écho à des enquêtes récentes, dont celle de Radio France en 2025, un livre de Guillaume Coudray (« De l'essence dans nos assiettes ») et un rapport de Greenpeace, qui avaient déjà dénoncé ces risques. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) réévalue actuellement la substance, avec des conclusions attendues en 2027.
En plein scandale sur les laits infantiles, les députés regrettent l'absence de limites maximales de résidus pour les produits animaux et appellent à soutenir la recherche sur les impacts sanitaires, y compris le risque de transfert placentaire chez les nourrissons. Bien que le bio interdise déjà l'hexane, les auteurs envisagent une proposition de loi pour encadrer, voire interdire, son usage, en priorisant la santé publique face aux intérêts industriels.