
Par Finian Cunningham, le 16 janvier 2026
Les médias occidentaux, par leurs mensonges bien rodés et leur complaisance, contribuent à la dérive de la barbarie impérialiste du régime Trump.
Après tout, le président américain, Donald Trump, s'est bien vanté d'avoir kidnappé le président vénézuélien, déclarant la semaine dernière qu'il se considère au-dessus des lois internationales, sans que les médias occidentaux ne le critiquent, ni ne le condamnent. Alors, qui sait quelles pensées se bousculent dans l'esprit dérangé et mégalomane de Trump ?
Les médias occidentaux ne s'opposent pas aux abus de pouvoir, comme ils le prétendent de manière éhontée. Ils encouragent plutôt à poursuivre dans cette voie.
Trump promet que l'aide militaire américaine est en route pour les manifestants iraniens afin de "rendre sa grandeur à l'Iran".
Mais de quelle "grandeur" s'agit-il ?
Il y a à peine sept mois, le président américain a lancé une "formidable" guerre éclair contre l'Iran, bombardant les trois sites nucléaires civils du pays. Cette agression illégale a été menée conjointement avec des frappes aériennes israéliennes, alors que Trump était censé mener des négociations préliminaires avec Téhéran à l'époque.
Trump menace d'une nouvelle intervention militaire "pour protéger" les milices iraniennes qui ont orchestré des manifestations violentes dans les rues de Téhéran et d'autres villes ces trois dernières semaines. Le gouvernement iranien a déclaré qu'une intervention militaire américaine signifierait une guerre totale contre les intérêts américains au Moyen-Orient, y compris les approvisionnements pétroliers vitaux.
Le problème des illusions, c'est qu'elles sont indéfiniment auto-alimentées. L'enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro par la Delta Force de Trump et le meurtre de centaines de personnes sur terre et en mer renforcent ces illusions d'impunité et d'omnipotence.
Les médias occidentaux colportent également le faux récit selon lequel l'Iran serait en pleine débâcle, et que Trump pourrait endosser le rôle du vaillant chevalier blanc venu à la rescousse.
Tous les grands médias américains et européens propagent la rumeur selon laquelle le "régime iranien" serait en train de vivre ses derniers jours, perdant peu à peu le contrôle de son pouvoir autoritaire corrompu. Les politiciens britanniques et allemands affirment que la République islamique iranienne est en train de s'effondrer. Les parlements européens refusent de respecter les protocoles diplomatiques avec l'Iran.
Les émeutiers violents en Iran sont ainsi reconnus et légitimés plus que le gouvernement souverain.
Aucun média occidental contrôlé par les grandes entreprises n'a rendu compte avec objectivité des manifestations populaires massives qui ont eu lieu cette semaine à Téhéran et dans d'autres grandes villes pour soutenir le gouvernement iranien et dénoncer l'ingérence de l'étranger dans les affaires intérieures du pays.
Les médias occidentaux ont déformé les premières manifestations publiques, relativement modestes, contre la détérioration des conditions économiques et la flambée de l'inflation, en les présentant comme un ultime défi au gouvernement iranien. Cette vision relève du vœu pieux pour masquer l'orchestration médiatique occidentale. Les manifestations, qui ont débuté le 28 décembre, ont rapidement dégénéré en violence, des groupes armés attaquant des bâtiments publics et les forces de sécurité.
Des centaines de personnes, dont des agents de sécurité, ont trouvé la mort ces deux dernières semaines. Des bâtiments ont été incendiés. Et pourtant, les médias occidentaux continuent de présenter les manifestants comme des pacifistes non armés. Il ne s'agit là que d'une opération psychologique occidentale bien rodée, comme lors du coup d'État soutenu par la CIA en Ukraine en 2014.
Les autorités et les médias iraniens déclarent que des agitateurs étrangers ont instrumentalisé les manifestations spontanées contre les difficultés économiques pour semer le chaos dans le pays.
L'ancien directeur de la CIA, Mike Pompeo, a même affirmé, à l'instar du Mossad lui-même et du ministre israélien de la Diaspora, que des agents du Mossad israélien sont à l'origine des émeutes.
Les médias occidentaux ne mentionnent pas les difficultés économiques chroniques de l'Iran, conséquences des "sanctions paralysantes" que les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont illégalement imposées de manière intermittente depuis la révolution islamique de 1979.
L'agression occidentale contre l'Iran s'est normalisée en une prérogative acceptable pour les gouvernements américain et européen.
Depuis des décennies, les médias occidentaux soutiennent l'agression criminelle contre l'Iran par leur propagande incessante diabolisant le prétendu terrorisme d'État iranien, les supposées ambitions nucléaires et la soi-disant tyrannie théocratique.
Il ne vient jamais à l'esprit du New York Times, de CBS, de la BBC ou du Guardian que l'Iran est régulièrement la cible de tentatives de changement de régime de la part des États-Unis et de leurs partenaires occidentaux. Mais peut-être est-ce là une interprétation trop bienveillante. Ils en sont bien conscients, mais choisissent d'occulter sciemment les faits pour colporter le faux récit biaisé d'un "soulèvement populaire contre le régime".
Les médias occidentaux servent loyalement les crimes impérialistes occidentaux depuis bien longtemps. En 1953, la première opération de changement de régime parrainée par les États-Unis d'après-guerre a eu lieu en Iran. Les États-Unis et la Grande-Bretagne ont déstabilisé le gouvernement du Premier ministre Mohammad Mossadegh, car il avait osé nationaliser l'industrie pétrolière du pays, que Londres avait largement pillée pendant des décennies.
Ce changement de régime a instauré la dictature du Shah, qui a régné d'une main de fer sous les auspices de la CIA américaine et du MI6 britannique. Le Shah a finalement été renversé lors de la révolution islamique de 1979. Le fils du défunt monarque, Reza Pahlavi, qui vit dans un exil doré aux États-Unis depuis 1979, appelle aujourd'hui Trump à envahir l'Iran pour renverser le régime en place.
Les médias américains et britanniques ont contribué au coup d'État de la CIA et du MI6 contre la démocratie iranienne en 1953 en dénigrant le gouvernement Mossadegh, l'accusant de propager le chaos et l'anarchie, un discours qui fait écho aux reportages actuels sur l'Iran. Les violences ne sont pas imputées aux milices armées de fusils lançant des cocktails Molotov. Les médias occidentaux attribuent la responsabilité de chacune des victimes au gouvernement, et les parlements occidentaux leur emboîtent le pas en rompant leurs relations avec Téhéran.
En 1953, la CIA et le MI6 ont mobilisé, soudoyé et encadré des gangs de rue pour semer le chaos à Téhéran, tuant au passage civils et policiers. L'objectif, à l'époque comme aujourd'hui, consiste pour Washington et Londres à rendre l'Iran ingouvernable et à précipiter le renversement du gouvernement. Le Shah a été imposé au pouvoir pour servir les intérêts américains et britanniques, jusqu'à ce que son régime despotique soit renversé, 17 ans plus tard, par un soulèvement populaire.
Les événements actuels en Iran ne sont que le remake d'un scénario déloyal que les puissances occidentales et leurs médias de propagande imposent à ce pays depuis près de huit décennies. Ce stratagème pervers de changement de régime se répète non seulement en Iran, mais aussi dans d'innombrables autres pays à travers le monde, car les États-Unis et leurs alliés occidentaux bénéficient de l'impunité des médias occidentaux qui couvrent consciencieusement leurs agissements.
Depuis 1953, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont été impliqués dans près de 100 opérations de changement de régime, sans compter les guerres illégales à grande échelle. Aucun autre État n'arrive à la cheville de ce record de criminalité. Comment s'étonner que le monde sombre dans un tel chaos et une telle anarchie quand les médias occidentaux n'ont de cesse de contribuer à précipiter l'humanité vers la barbarie ?
Traduit par Spirit of Free Speech
* Finian Cunningham est coauteur de Killing Democracy: Western Imperialism's Legacy of Regime Change and Media Manipulation