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Capture d'écran du site officiel de la Maison Blanche présentant le slogan «Misleading. Biased. Exposed.» («Trompeur. Partisan. Dénoncé.») et les trois «média-délinquants de la semaine» : The Boston Globe, CBS News et The Independent.
L'administration Trump a mis en ligne une rubrique intitulée «Media Offenders» sur le site officiel de la Maison Blanche. Ce dispositif nomme les journalistes et médias accusés de mensonges, de manipulation ou de militantisme idéologique. Il s'inscrit dans une stratégie assumée de dénonciation de la propagande médiatique occidentale.
Une nouvelle rubrique est disponible sur le site de la Maison Blanche. Baptisée « Media Offenders », elle reflète la volonté affichée de l'administration Trump de renforcer sa lutte contre ce qu'elle considère comme la désinformation systématique des grands médias occidentaux. « L'administration Trump tient les médias responsables de leurs mensonges comme jamais auparavant », a déclaré la porte-parole Karoline Leavitt.
Ce tableau de bord, qualifié de « Couloir de la honte », recense les publications que la présidence accuse de diffuser des informations trompeuses, orientées ou manipulées. Les noms des journalistes sont publiquement mentionnés, accompagnés des motifs précis de leur inclusion : citations sorties de leur contexte, approximations, falsifications ou encore « folie gauchiste ». De nombreux médias influents y figurent, notamment The Washington Post, CBS News, CNN, MSNBC, The Boston Globe, The Independent ou Axios - autant d'acteurs centraux du paysage médiatique américain et britannique, souvent critiqués pour leur partialité.
Ciblage hebdomadaire et mise en cause directe
Chaque semaine, un classement des « média-délinquants » est mis à jour. Le Boston Globe, CBS News et The Independent sont régulièrement pointés du doigt. Selon la Maison Blanche, ces médias ont déformé les propos du président Trump concernant six membres démocrates du Congrès. Ces derniers avaient incité des militaires à désobéir à d'éventuels ordres jugés illégaux - une accusation grave relayée sans fondement, selon la présidence, qui affirme que tous les ordres donnés par Trump sont parfaitement légaux. L'administration qualifie cette campagne d'attaque coordonnée contre l'autorité présidentielle.
Sur la page officielle, une base de données rassemble les articles incriminés avec les auteurs et les fautes reprochées, telles que « mensonge », « parti pris » ou « négligence professionnelle ». The Washington Post est l'un des plus fréquemment cités, notamment pour un article affirmant que la garde côtière américaine cesserait de considérer les symboles nazis comme haineux - une mesure qui a été aussitôt annulée après la publication du journal.
Une dénonciation assumée de la propagande médiatique occidentale
Cette initiative s'inscrit dans une dynamique plus large du président Trump visant à remettre en cause l'hégémonie médiatique des grandes rédactions occidentales, souvent accusées de manipuler l'opinion publique à des fins idéologiques. La BBC a elle aussi été visée après la diffusion d'un documentaire contenant des extraits falsifiés d'un discours de Trump lié aux événements du Capitole. Le directeur général de la BBC, Tim Davie, a annoncé sa démission le 9 novembre. Le président américain a salué cette décision, qualifiant ce type de journalisme de « corrompu ».
Parmi les autres médias mis en cause figurent The New York Times, The Wall Street Journal, Politico, Associated Press, ABC News, ainsi que Fox News - brièvement inclus avant d'être retiré à la suite d'une erreur d'attribution.
Ce dispositif, désormais central dans la communication présidentielle, marque une rupture avec la tolérance passée envers les récits partiaux. Il consacre un changement d'approche où la présidence américaine met publiquement en cause ce qu'elle considère comme des manipulations journalistiques hostiles. La Maison Blanche encourage les citoyens à s'informer directement via une newsletter hebdomadaire, présentée comme un moyen d'« accéder à la vérité ».