
© Getty Images
Frontière israélo-syrienne. [Photo d'illustration]
Les États-Unis annoncent la création d'un mécanisme conjoint Syrie-Israël pour le renseignement et la désescalade. Washington espère stabiliser la frontière et ouvrir la voie à une normalisation progressive. Damas conditionne toute avancée stratégique à un retrait clair des forces israéliennes.
Les États-Unis ont annoncé le 6 janvier la mise en place prochaine d'une structure commune entre le nouveau gouvernement syrien et Israël, destinée à faciliter le partage de renseignements et à œuvrer à une désescalade durable. Cette initiative a été dévoilée par le département d'État américain à l'issue de discussions organisées à Paris, sous médiation américaine, entre des représentants syriens et israéliens.
Selon le communiqué officiel, les deux parties se sont engagées à « établir des accords durables en matière de sécurité et de stabilité ». Concrètement, il est prévu de créer un « mécanisme conjoint de fusion », décrit comme une cellule de communication dédiée, placée sous la supervision de Washington.
Cette structure doit permettre une coordination « immédiate et continue » sur plusieurs volets : partage de renseignements, désescalade militaire, échanges diplomatiques et, à terme, opportunités économiques. Le département d'État précise que ce cadre servira également à traiter rapidement les différends et à prévenir tout malentendu susceptible d'aggraver les tensions.
Vers l'élargissement des Accords d'Abraham ?
Du côté syrien, toutefois, la prudence reste de mise. Un responsable de Damas a indiqué à Reuters qu'aucune avancée sur les dossiers stratégiques ne serait possible sans un calendrier clair et contraignant pour le retrait des troupes israéliennes déployées dans des zones syriennes - au-delà du Golan occupé - depuis la chute de Bachar el-Assad.
Selon cette source, le dernier cycle de pourparlers s'est conclu par une proposition américaine visant à suspendre les opérations militaires israéliennes contre la Syrie, sans que Tel Aviv n'ait officiellement confirmé son accord.
Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a, pour sa part, affirmé que les discussions s'inscrivaient dans la vision de Donald Trump « pour faire progresser la paix au Moyen-Orient ». Israël dit avoir insisté sur la sécurité de ses citoyens, la prévention des menaces frontalières et la perspective d'une coopération économique avec la Syrie.
L'administration Trump espère que ce processus permettra de stabiliser la frontière commune et pourrait ouvrir la voie à une normalisation diplomatique progressive. Ces discussions marquent le cinquième cycle de négociations sous médiation américaine et le premier depuis deux mois, après une impasse liée à la demande israélienne d'une zone démilitarisée dans le sud syrien.
Elles portent notamment sur la réactivation de l'accord de désengagement de 1974 et sur la question du retrait israélien. Malgré ces avancées, les frappes et incursions israéliennes en Syrie, au-delà du plateau du Golan occupé, continuent d'alimenter la méfiance entre les deux voisins, toujours officiellement en état de guerre.