14/01/2026 dedefensa.org  4min #301807

 Le Rubicon est franchi à cause du nihilisme de l'équipe Trump

La métaphysique contre le nihilisme

 Ouverture libre 

• Pour compléter le texte de PhG sur « le dernier homme » de Nietzsche, voici le texte d'Alastair Crooke qui l'a suscité. • Nous vivons une époque où nous sortons de l'histoire pour anéantir le nihilisme.

PhG n'oublie pas de citer  ce texte d'Alastair Crooke pour nous donner une chronique où nous est rappelée la vision de Zarathoustra sur « le dernier homme ». Celui-ci est caractérisé par son complet nihilisme, et il vient à l'esprit que le Trump de l'aventure vénézuélienne est de cette trempe, jusqu'aux clins d'yeux que la foule nihiliste adresse à Zarathoustra (« "Nous avons inventé le bonheur", - disent les derniers hommes, et ils clignent de l'œil. »).

« Aurélien  écrit :

» "C'est Nietzsche, pourvoyeur de vérités dérangeantes, qui a souligné que la « mort de Dieu » et l'absence conséquente de tout système éthique convenu conduiraient à un monde sans sens ni but, car toutes les valeurs sont sans fondement, toute action est vaine, tous les résultats sont moralement équivalents et aucun objectif ne vaut donc la peine d'être poursuivi... ".

« Dans son ouvrage La Volonté de puissance, Nietzsche soutenait que la disparition de toutes les valeurs et de toute signification entraînerait la disparition du concept même de Vérité et révélerait l'impuissance de la raison occidentale mécanique. Collectivement, cela constituerait "la force la plus destructrice de l'histoire" et engendrerait une "catastrophe". Écrivant en 1888, il prédisait que cela se produirait au cours des deux siècles suivants. »

Dans son texte, PhG précise que la prédiction de Nietzsche s'est avérée juste, mais sans préciser qu'en même temps apparaîtrait la force ambiguë, surpuissante et autodestructrice à la fois, qui permet d'observer que l'apparition du « dernier homme » est aussi l'instant de sa fin. Bien entendu, l'on parle du système de la communication, d'une infinie puissance mais d'une puissance incontrôlable, qui peut onduler dans ses effets, une sorte de surpuissance ondulatoire qui peut détruire aussi bien l'espèce humain qu'elle peut se retourner et détruire le diable qui l'a suscitée.

« Le dernier homme » est ainsi parfaitement logique. Son nihilisme, parfaitement alimentée par la science moderniste, implique une surpuissance absolue, à un point où elle engendre l'autodestruction tout aussi absolue. La force atomique et nucléaire qui ouvre l'ère du « dernier homme » est de cette sorte : une surpuissance absolue tout à fait inutile et nihiliste dans le chef des projets humains puisqu'elle engendre à son terme extrême l'autodestruction absolue ; par contre ce n'est pas vrai, que du contraire, "dans le chef des projets diaboliques".

Le texte de Crooke nous fait bien sentir, pour ceux qui prétendent avoir quelque odorat, que nous ne sommes plus dans une ère historique mais bien en pleine métapolitique et métahistoire où la force dominante, qui doit être nécessairement identifiée pour prétendre y comprendre quelque chose, est la métaphysique.

Peut-être  Finkielkraut ne croyait-il pas si bien dire lorsqu'il disait justement, en 2020, sur LCI :

« Nous ne disposons plus aujourd'hui d'une philosophie de l'histoire pour accueilli les événements, les ranger et les ordonner. Le temps de l'hégéliano-marxisme est derrière nous. Il est donc nécessaire, inévitable de mettre la pensée à l'épreuve de l'événement et la tâche que je m'assigne, ce n'est plus la grande tâche métaphysique de répondre à la question "Qu'est-ce que ?" mais de répondre à la question "Qu'est-ce qu'il se passe ?"... »

Le "Qu'est-ce qu'il se passe ?" n'est plus une « grande tâche métaphysique », où l'on emploie la métaphysique pour répondre, mais bien une situation où c'est nous-mêmes qui sommes complètement la métaphysique et où notre tâche est d'identifier ce qui nous correspond. Il n'est pas assuré que le parcours politique de Finkielkraut depuis cette citation peut-être plus lumineuse qu'il ne pensait se soit affirmé comme métapolitique pour apprécier les événements.

Nous dirions alors que c'est bien moins le cas d'Alastair Crooke, qui n'est pourtant pas un "philosophe académique". Lui, il semble bien avoir compris combien, désormais, nous sommes tous devant un dilemme radical : ou bien être la métaphysique, ou bien n'être rien (nihilisme). Le titre complet  de son article du 12 janvier sur 'UNZ.com' est « Le Rubicon franchi - Le paradigme nihiliste et anti-valeurs de l'équipe Trump »

 dedefensa.org