
Par Robert Inlakesh pour The Last American Vagabond, le 3 janvier 2026
Israël mène actuellement une campagne de désinformation en ligne contre l'Iran afin de provoquer des troubles sociaux. Des agents provocateurs ont transformé des manifestations pacifiques en violences sur le terrain. Sur les réseaux sociaux, des images générées par IA & des vidéos d'émeutes datées sont utilisées pour faire croire qu'une révolution a commencé, alors que Trump menace d'intervenir militairement.
Le 13 juin 2025, Israël a lancé une guerre d'agression de 12 jours contre la République islamique d'Iran, que les États-Unis ont directement rejoints le 22. 610 Iraniens ont été tués lors de l'attaque, la plupart des civils.
Le 7 juillet 2025, Axios a rapporté que les responsables israéliens envisageaient déjà une nouvelle attaque avec le soutien de Donald Trump. Alors que la rhétorique de Tel-Aviv contre l'Iran s'est intensifiée les mois suivants grâce à une pression coordonnée de think tanks pro-guerre basés à Washington, des informations ont commencé à circuler à la veille de la visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Mar-a-Lago, selon lesquelles il demanderait aux États-Unis d'attaquer l'Iran en son nom.
La plupart des rapports ne mentionnent pas, concernant l'attaque israélienne contre l'Iran, que la majorité des actions de Tel-Aviv ont été menées par des agents iraniens sur le terrain. Même la première vague de frappes aériennes israéliennes, la partie la plus efficace de son offensive, entraînant la mort de dizaines de généraux et de scientifiques nucléaires iraniens, y compris des dommages aux installations nucléaires, a essentiellement été menée sur le terrain.
Selon la chaîne d'information israélienne Channel 13 News, le Mossad a déployé environ 100 agents étrangers en Iran au début de la guerre des 12 jours en juin 2025. Ces agents ont installé et fait fonctionner des systèmes de missiles lourds introduits clandestinement dans le pays. Leur mission consistait à cibler les lanceurs de missiles balistiques et les batteries de défense aérienne iraniens. Cette opération hautement coordonnée, décrite comme la plus importante jamais menée par le Mossad en Iran, a été essentielle pour neutraliser les défenses aériennes de Téhéran lors des premières frappes.
Puis, tout au long des 12 jours de guerre, des agents iraniens travaillant pour le compte des Israéliens ont été utilisés pour mener des attaques armées à l'aide de drones et de missiles guidés, faire exploser des explosifs, aider à localiser des cibles et même brûler des pneus pour donner l'impression que les attaques aériennes israéliennes étaient plus importantes qu'elles ne l'étaient en réalité.
Dès le premier jour de la guerre, Benjamin Netanyahu a publiquement appelé le peuple iranien à se soulever et à renverser son gouvernement . Aux côtés du Premier ministre israélien, leur marionnette Reza Pahlavi, fils du dictateur déchu Shah Mohammad Reza Pahlavi, est apparu à plusieurs reprises pour inciter à la révolte en Iran et a affirmé que le gouvernement était au bord de l'effondrement, bien qu'il n'ait pas réussi à mobiliser ne serait-ce qu'une petite foule pour manifester en sa faveur.
Le fils du Shah, qualifié de "prince héritier d'Iran", n'occupe aucune fonction officielle et ne dirige aucun mouvement significatif, hormis le soutien limité de certains monarchistes en exil. Il a effectué sa première visite publique en Israël en avril 2023, où il a été accueilli par des responsables israéliens.
Il a ensuite fait l'objet d'une couverture médiatique considérable dans les médias occidentaux, qui l'ont qualifié souvent sans la moindre critique de "prince héritier". Pourtant, le message véhiculé autour de ce leader factice n'a guère de sens, car il ne cherche qu'à rétablir une monarchie héréditaire où il régnerait en dictateur, tout en prétendant vouloir faire de l'Iran une démocratie.
En octobre 2025, le journal israélien Haaretz a révélé l'existence d'une campagne d'influence orchestrée par Israël faisant appel à des locuteurs persans et un réseau de comptes robots pour promouvoir Reza Pahlavi, dépourvu du soutien populaire nécessaire pour accéder au pouvoir.
La même enquête a révélé que ces comptes financés par Israël ont été utilisés lors des manifestations de 2022 en Iran et particulièrement amplifiés pendant la guerre de 12 jours. Selon l'enquête, des chercheurs de Citizen Lab de l'université de Toronto ont découvert que le réseau en ligne a diffusé des vidéos deepfake et du contenu fabriqué de toutes pièces pendant les frappes aériennes israéliennes sur la prison d'Evin, à Téhéran.
Après la guerre, les autorités iraniennes ont annoncé l'arrestation de milliers d'agents israéliens dans tout le pays et ont sévi contre d'innombrables installations de production d'armes mises en place sur le territoire.
La dernière fausse révolution d'Israël en Iran
Le 28 décembre 2025, des manifestants pacifiques sont descendus dans les rues de plusieurs villes iraniennes, dont Téhéran, Ispahan et Kerman. Marchands et commerçants ont manifesté contre la mauvaise gestion de l'économie par leur gouvernement, responsable de l'aggravation de la crise inflationniste que connaît actuellement le pays.
Les manifestations syndicales, comme celles organisées par les salariés, ne sont pas rares en Iran en raison des pressions économiques. Ce type de manifestations est assez courant dans la République islamique, car l'Iran autorise les manifestations, qui aboutissent souvent à des réformes et au départ de responsables gouvernementaux. Le 9 décembre 2025 par exemple, des milliers de salariés sous contrat pétrolier du complexe gazier de South Pars ont manifesté, soutenus par les syndicats locaux. Cette manifestation a été plus importante que celles qui ont commencé le 28 décembre.
Cette fois, cependant, les comptes des opposants israéliens et iraniens sur les réseaux sociaux ont commencé à diffuser d'anciennes vidéos d'émeutes pour prétendre qu'un soulèvement majeur était en cours. Au cours des premiers jours des manifestations, soutenues par les principaux syndicats iraniens, quelques cas d'agents provocateurs tentant de semer le trouble ont été enregistrés, ainsi que des slogans appelant à la chute du gouvernement. Pourtant, les commerçants ont eux-même expulsé ces éléments hostiles de leurs manifestations.
Malgré l'absence de troubles sociaux majeurs et le caractère presque entièrement non violent des manifestations, une campagne de propagande en ligne a dépeint une réalité totalement différente de celle qui se déroulait sur le terrain. Les choses sont devenues particulièrement évidentes lorsque l'ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett a mis en ligne une vidéo où il exprimait son soutien au prétendu soulèvement iranien, laissant entendre que la situation risquait de s'aggraver.
À l'aube de la nouvelle année, la situation s'est soudainement détériorée : des agitateurs armés ont ouvert le feu sur les forces de sécurité et tenté de prendre d'assaut des bâtiments gouvernementaux, des dépôts d'armes et des commissariats de police. Le 1er janvier, deux policiers iraniens ont été assassinés et trois émeutiers auraient également été abattus. Des vidéos montrant des manifestants brûlant des policiers ont commencé à circuler, et un autre incident s'est produit au cours duquel des émeutiers ont poignardé et roué de coups un agent de sécurité à la tête qui est aujourd'hui dans le coma.
Ces incidents violents se sont presque tous produits dans l'ouest de l'Iran, notamment dans la province du Lorestan, où vit une minorité ethnique. Cependant, sur les réseaux sociaux, des médias iraniens d'opposition pro-israéliens ont diffusé de fausses informations sur des soulèvements à Téhéran et une prétendue chute du gouvernement.
La chaîne d'opposition iranienne populaire Tousi TV a par exemple publié un 'direct' intitulé " BREAKING : Les Iraniens prennent le contrôle des commissariats de police du CGRI - Révolution en Iran". Or, non seulement aucun commissariat de police n'a été pris d'assaut dans le pays, mais ce livestream n'était qu'une interview de la propagandiste israélienne Emily Schrader.
Tousi TV a même publié sur X (ex-Twitter) une "info de dernière minute" annonçant que " les forces du CGRI fuient les villes iraniennes - Khamenei quitte Téhéran", deux informations totalement fausses. Parallèlement, des personnalités pro-israéliennes de la diaspora iranienne, telles que Goldie Ghamari, ont publié en continu des messages sur un prétendu "soulèvement" national rêvant d'un Iran sans religion islamique et diffusant des informations erronées, souvent anti-musulmanes.
Le lendemain, une nouvelle vague d'attaques violentes contre les forces de sécurité a eu lieu, ainsi qu'une tentative d'assaut contre un autre dépôt d'armes à Marvdasht. Parmi les autres incidents, on peut citer des incendies criminels isolés de voitures à Qom, et des attaques armées et des jets de pierres contre des policiers perpétrés par de petits groupes de manifestants violents. Dans un des cas, un groupe de six assaillants armés a exécuté un membre de la force paramilitaire volontaire iranienne Basij.
Le 2 janvier, tous les grands syndicats ayant initialement soutenu les manifestations pacifiques ont publié des déclarations dénonçant la vague de troubles et d'émeutes.
Ces manifestations ne bénéficient actuellement d'aucune participation populaire. Si l'on compare la situation actuelle à celle des grandes manifestations de 2022 ou 2019 par exemple, on constate que des déclarations publiques ont été publiées et que des lieux de manifestation ont été prévus afin d'attirer un grand nombre de personnes dans les rues. Cette fois, c'est le contraire : des attaques isolées surgissent soudainement de nulle part, ou de petits groupes d'émeutiers (comptant entre 3 et 50 membres) apparaissent et sèment le chaos.
Quelques manifestations plus importantes ont lieu à travers l'Iran, mais la plupart sont non violentes et ne donnent lieu qu'à des affrontements causés par des agents provocateurs. Ces émeutes ne s'appuient d'ailleurs pas sur des slogans populaires. Leurs revendications sont diverses : certaines portent sur des préoccupations économiques, d'autres bénéficient du soutien de factions séparatistes, d'autres encore réclament simplement la chute du gouvernement, et parfois, il arrive qu'une vidéo mentionnant le fils du Shah soit publiée.
Le compte officiel en persan d'Israël sur X a même créé une fausse image générée par IA montrant la police iranienne utilisant un canon à eau contre un manifestant (un canon à eau qui ne mouille pas), piètre tentative de susciter l'indignation.
Si l'implication des services du renseignement israéliens et étrangers dans les troubles de 2022 ne fait aucun doute, le slogan "Femme, vie, liberté" a clairement touché un grand nombre de personnes, car la cause des droits des femmes a indéniablement retenu l'attention d'une partie de la population iranienne. En l'occurrence, un tel thème fédérateur n'a pas été identifié.
Rien de tout cela ne semble pourtant importer à Donald Trump, qui a proféré une menace d'intervention militaire directe contre l'Iran. Cette déclaration ambiguë publiée sur Truth Social coïncide avec le retour de Benjamin Netanyahu à Tel-Aviv, alors que les médias israéliens rapportent qu'il a obtenu satisfaction sur toutes les requêtes adressées au président américain.
De toute évidence, les événements qui se déroulent actuellement en Iran ne sont pas spontanés et ne peuvent être comparés aux précédentes vagues de manifestations. Il semble s'agir uniquement d'une opération des services de renseignement destinée à semer l'instabilité dans tout le pays. Si l'objectif d'Israël est d'attaquer à nouveau l'Iran, il a probablement pris conscience que lors de la précédente vague de manifestations, il a échoué à déclencher de tels troubles sociaux, expliquant pourquoi ce stratagème s'inscrit sans doute dans une stratégie de guerre d'envergure.
Traduit par Spirit of Free Speech