02/01/2026 ismfrance.org  4min #300610

Israël prive les prisonniers d'eau : une « punition collective » systématique

The Cradle, 1er janvier 2026. Haaretz a  rapporté le 31 décembre 2025 que les autorités israéliennes ont divulgué des rapports internes indiquant que des prisonniers palestiniens détenus pour des raisons de sécurité étaient privés d'eau potable pendant des heures, une pratique qualifiée de « punition collective » par les prisonniers, selon des documents publiés par le ministère de la Justice.

Ces rapports ont été rédigés par des représentants du Bureau du Défenseur public israélien suite à des visites à la prison de Ketziot, dans le sud d'Israël, en mai, juin et septembre 2024.

Lors des deux premières visites, les observateurs ont constaté une politique de restriction d'accès à l'eau potable pendant de longues périodes.

Selon les témoignages de prisonniers cités dans les rapports, le refus d'eau était systématique dans certains quartiers, durant « environ une demi-journée », et infligé à titre de punition plutôt que pour des raisons d'entretien ou de logistique.

Le ministère de la Justice a transmis mardi six rapports à l'Association pour les droits civiques en Israël (ACRI), après les avoir initialement retenus au nom de la « sécurité nationale » et par crainte de préjudices potentiels pour les détenus incarcérés à Gaza.

L'ACRI avait saisi le tribunal de district de Jérusalem en janvier pour obtenir leur publication.

Le dernier rapport, dont les conclusions ont été démenties par l'administration pénitentiaire israélienne, indique que la pratique de la restriction de l'accès à l'eau potable avait cessé avant la visite de septembre.

Dans un communiqué cité par Haaretz, l'administration pénitentiaire affirme « agir conformément à la loi », insistant sur le fait que tous les détenus ont un accès régulier à l'eau et aux produits de première nécessité.

Ces révélations s'inscrivent dans un contexte de mauvais traitements avérés dans les prisons israéliennes, largement documentés.

Des témoignages recueillis par le Bureau du défenseur public décrivent une faim intense, une perte de poids drastique, des évanouissements, des violences et des mauvais traitements systématiques de la part des gardiens, ainsi qu'un refus de soins médicaux et d'accès à la justice.

Un rapport publié début décembre révélait que 90 % des détenus placés en détention pour raisons de sécurité étaient incarcérés dans des cellules de moins de trois mètres carrés, et que des milliers d'entre eux n'avaient pas de lit.

En septembre, la Haute Cour israélienne a jugé que les autorités pénitentiaires ne respectaient pas les normes de vie minimales et a ordonné des mesures correctives. En novembre, Haaretz a rapporté que les conditions de détention restaient inchangées, ce que l'administration pénitentiaire a de nouveau démenti.

Le même mois, Israël a fait adopter par le Parlement un  projet de loi sur la peine de mort, malgré les avertissements selon lesquels il serait appliqué presque exclusivement aux Palestiniens - en particulier ceux ayant participé à des opérations ayant coûté la vie à des Israéliens - et violerait le droit international.

En août, la Société des prisonniers palestiniens a signalé que les forces pénitentiaires israéliennes avaient mené des  raids répétés contre des femmes détenues à la prison de Damon, utilisant des chiens policiers et des gaz lacrymogènes, procédant à des expulsions humiliantes de leurs cellules et soumettant les détenues à la faim, à la négligence médicale, à l'isolement et à des mauvais traitements, y compris contre des femmes enceintes et des détenues gravement malades.

En juillet 2024, le Washington Post a documenté ce qu'il a décrit comme des conditions de détention «  semblables à celles de Guantanamo » dans les prisons et les camps de détention israéliens, citant des témoignages, des autopsies et des organisations de défense des droits humains qui ont décrit en détail des cas de torture, de famine, de négligence médicale et de  nombreux décès de détenus.

Ces exactions ont été constatées aussi bien au sein du système pénitentiaire officiel israélien que dans des centres de détention opaques où sont détenus des Palestiniens enlevés à Gaza.

Article original en anglais sur  The Cradle / Traduction MR

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